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J. A. Reincken / J. S. Bach :
le maitre et l’élève

JOHANN ADAM REINCKEN
pièces pour clavecin

 

Musique en compagnie, par Johannes Voorhout (1674)
J. A. Reincken est au clavecin

Clément Geoffroy, clavecin

Temple d’Arles, bld des Lices, dimanche 21 octobre à 17h30
Plein tarif : 15 euros, demi tarif : 10 euros, gratuit avant 16 ans

Vente des billets 1/2 heure avant le concert
Réservations : 07 82 14 87 94

Note sur le concertClément GeoffroyProgramme
Le clavecinEntretien avec Clément Geoffroy


Note sur le concert

C’est avec plaisir que nous accueillons Clément Geoffroy pour ce concert. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, sachez que Clément nous propose ce concert parce qu’il enregistre un programme de clavecin seul consacré à J. A. Reincken.

Nous connaissons bien Clément, maintenant à Arles : en compagnie de Gwennaëlle Alibert, il est venu joué à Arles deux programmes à deux clavecins, l’un consacré à Jean-Philippe Rameau, l’autre à Vivaldi.
Clément accompagne également, de ses compétences, de sa bonne humeur et de son sourire, les stages de chant et de musique d’ensemble que nous organisons chaque année.


Clément Geoffroy
Clément commence le clavecin à 8 ans au CRR de Nantes dans la classe de Jocelyne Cuiller. Après avoir obtenu son DEM, il part étudier à Paris auprès de Bertrand Cuiller et de Frédéric Michel. Il intègre ensuite la classe de clavecin d’Olivier Baumont, de basse continue de Blandine Rannou et de musique de chambre de Kenneth Weiss du CNSMDP. Il obtient son Master mention très bien à l’unanimité en 2013 puis se perfectionne au CRR de Paris dans la classe de chef de chant de Stéphane Fuget.

En novembre 2011 il remporte le 1er prix au Concours de Clavecin Paola Bernardi de Bologne.

Il mène depuis une carrière de soliste et de continuiste, collaborant avec plusieurs ensembles comme Pygmalion, La Rêveuse, Opéra Fuoco, Fuoco e Cenere, Stradivaria, La Chapelle Rhénane, Correspondances, Les Surprises, Le Poème Harmonique, le Concert d’Astrée…

Il est membre fondateur de L’Escadron Volant de la Reine, ensemble actuellement en résidence à la fondation Singer-Polignac. En 2015 l’Escadron remporte le premier prix et le prix du public au premier concours de musique de chambre du Val de Loire, présidé par William Christie. Leur premier disque, « Notturno », est paru en 2016 chez Evidence et le second, « Il Furibondo » est paru au printemps 2017 chez B-Records.

En tant que soliste, Clément se fait ardent défenseur des musiques du XVIIème siècle. Sa connaissance du répertoire allemand, l’école qui relie Sweelinck à Bach, le conduit naturellement à enregistrer les pièces pour clavecin de Johann Adam Reincken. Ce disque paraîtra en 2018 chez L’Encelade.

Sortant des sentiers battus, il s’adonne régulièrement au jeu à deux clavecins. Avec Loris Barrucand, ils transcrivent et joue la musique de Rameau, Jean-Féry Rebel, Boismortier… Collaborant également avec les compagnies de danse Beaux-Champs et Les Jardins Chorégraphiques pour des spectacles inédits. Clément joue aussi avec la claveciniste Gwennaëlle Alibert. Ils ont transcrit ensemble des concerti d’Antonio Vivaldi lien dont l’enregistrement est paru en 2017 chez l’Encelade.


Le programme

Johann Adam Reincken (1643 ? -1722)
Toccata en La Majeur
Ballett en mi mineur
Suite en do majeur
(Allemande-Courante-Sarabande-Gigue)
Holländische Nachtigahl

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Aria variata en la mineur BWV 989
Fantaisie et fugue en la mineur BWV 944

Johann Adam Reincken
Toccata en sol mineur
Fugue en sol mineur


Clavecin

Jürgen Ammer, d’après modèle anonyme de 1715 conservé à Eisenach


Entretien avec Clément Geoffroy

Sarabande
Clément, tu peux nous présenter un peu Johann Adam Reincken, maître, nous dis-tu de Johann Sebastian Bach… Il n’est peut-être pas si connu que cela.

Clément Geoffroy
Peu connu peut-être, mais aussi mal connu. C’est que la postérité n’a pas été très tendre avec ce compositeur, que le jeune Johann Sebastian Bach choisit pourtant pour un de ses modèles, n’hésitant pas à adapter pour clavier quelques-unes de ses œuvres. Sa réputation fut considérablement ternie, sur la foi de ce qu’il faut bien appeler des ragots, par Johann Mattheson (1681-1764), musicien mais surtout critique et musicographe aussi redoutable que redouté en son temps.

On a longtemps pensé, sur la foi de ses écrits, que Johann Adam Reincken était mort presque centenaire en 1722, alors que les recherches récentes laissent à penser qu’il est né non en 1623, mais vers 1640, à Deventer, aux Pays-Bas.
Après une première formation dans sa ville natale entre 1650 et 1654, on l’envoie étudier à Hambourg auprès d’Heinrich Scheidemann (c.1595-1663), un des fondateurs de la fertile école d’orgue d’Allemagne du Nord, lui-même élève de Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621). Reincken reste auprès de lui jusqu’en 1657, revient brièvement à Deventer y occuper le poste d’organiste de la Bergkerk.

On le retrouve à Hambourg dès l’année suivante en qualité d’assistant de Scheidemann, dont il prend la succession à la tribune de l’église Sainte-Catherine en 1663 et, selon la coutume, épouse une des filles en 1665.
Sa position dans la cité ne cessera de s’affermir ; il sera l’un des fondateurs, avec son ami le compositeur Johann Theile (1646-1724), de la maison d’opéra Am Gänsemarkt, première entreprise de ce genre en Allemagne.

Il cultivera une relation amicale très forte avec son voisin de Lübeck, Dietrich Buxtehude (c.1637-1707), et impressionnera ses contemporains par sa virtuosité à l’orgue, attestée par les quelques rares pièces de sa main qui ont été conservées.

Hortus Musicus, un recueil de partitas pour deux violons, viole de gambe et basse continue publié en 1688, est le seul témoignage de son activité, que l’on sait avoir été importante, dans le domaine de la musique de chambre.

Sarabande
Pourquoi ses œuvres sont-elles finalement assez rares ?

Clément Geoffoy
Fort de son talent d’improvisateur et de sa notoriété, Reincken n’a peut-être pas ressenti le besoin de faire publier ses œuvres pour clavier. Par chance, les copies qui nous restent attestent de son art et de son inventivité, tous les styles alors courants en Allemagne du Nord y étant représentés.

Sarabande
Et toi, Clément qu’est ce qui te motive pour aborder l’œuvre de ce musicien ?

Clément Geoffroy
Les toccatas, empreintes de Stylus Fantasticus ainsi que la fugue en sol mineur, sont les derniers témoins de ce qu’il pouvait imaginer à la tribune de l’orgue de Sainte-Catherine.

Les suites pour clavecin, quant à elles, sont un modèle du genre. Elles sont composées de quatre danses : allemande, courante, sarabande et gigue qui sont reliées entre elles par des éléments mélodiques communs et un même canevas harmonique.

Enfin, les airs variés, très développés, comme le Ballett en mi mineur et la Meyerin, sont sûrement ce qui nous reste de plus précieux de lui.