Geistliche Konzerte

  Sopra il basso2

Ensemble Sopra il Basso

Arles, Chapelle de la Charité (Hôtel J. César)
Samedi 15 septembre 2012 à 15h

Entrée libre

  Les musiciensLe programme – Entretien avec Jorge Lopez Escribano
Arles, patrimoine et musique

Dans le cadre de Journées du Patrimoine,le Service du Patrimoine de la Ville d’Arles et l’Association Sarabande, aidée par l’Ecole intercommnale de musique (ACCM), ont fait faire une halte au jeune ensemble européen Sopra il Basso sur la route du Festival d’Ambronay où il est invité…

 

  sopra il basso3© Bertrand Pichene

Les six musiciens de l’ensemble Sopra il basso se sont rencontrés pendant leurs études au Conservatoire royal de La Haye (Hollande) et ont décidé de fonder leur ensemble suite à leur participation à l’Académie baroque européenne d’Ambronay en 2008. Ils s’intéressent tout particulièrement aux répertoires italien et allemand du début du XVIIe siècle et au travail approfondi de la basse continue.

Entretien avec Jorge Lopez Escribano sur le programme du concert

 

 

 

 

 

 

 

 

Jorge2Sarabande
Jorge, peux-tu nous décrire un peu le programme que vous nous proposez ?
 Jorge Lopez Escribano
Ce que nous essayons de rendre sensible, c’est l’influence des innovations italiennes sur la musique allemande du début du 17e siècle. La métamorphose d’une idée, son acclimatation, voilà ce qui passionne les musiciens de notre ensemble, qui viennent des quatre coins de l’Europe et pour certains, de plus loin encore.
 Sarabande
Tu nous précises un peu le contexte historique de cette influence ?

 Jorge Lopez Escribano
Avec l’épanouissement de la seconda pratica lors du 17e siècle italien, les nouvelles perspectives musicales donnent naissance à la fois à la monodie accompagnée et à la libération de la partie de basse… Le vieux style polyphonique, qui associe de nombreuses voix d’égale importance, se change progressivement en chants solos accompagnés de la basse continue. Cette évolution permet d’amplifier l’expression dramatique et de donner toute son importance aux mots et à la langue.

Les compositeurs allemands qui étudièrent en Italie et qui suivirent cette transformation de la prima pratica en seconda pratica, importèrent ce changement dans les cours allemandes.

 Sarabande
Comment prend cette greffe au-delà des Alpes ?

 Jorge Lopez Escribano
En Allemagne, il semble que l’idée majeure de le seconda pratica « prima la parole e dopo la musica » (d’abord la parole et ensuite la musique) se soit parfaitement accordée avec la Réforme de Luther, qui avait lui-même traduit la Bible du latin en allemand vernaculaire : il pensait que la communauté devait entièrement comprendre le sens du texte et forger sa propre interprétation de ce qu’elle lisait.

Notre programme tente de suivre le fil de cette évolution que connaissent les genres allemands, à mesure de l’influence qu’exercent sur eux les innovations italiennes du 17e siècle.

 

L’exploration du répertoire, les tentatives de le comprendre et de le faire vivre aujourd’hui, sont une de nos motivations pour la pratique de la musique ancienne.

 

 

Jorge3Sarabande
Schütz est au premier rang des acteurs de cette évolution…
Jorge Lopez Escribano
Schütz, en effet, est le musicien allemand qui a passé le plus de son temps à Venise. Parmi ses contemporains, il est considéré comme celui qui a contribué de façon décisive à l’évolution dramatique de la musique sacrée allemande du début du 17e siècle.
C’est au cours de cette période que, pour la première fois, on voit apparaître les « Concerts spirituels » (concerts sacrés pour un petit nombre de voix et d’instruments), concept dans lesquels la ligne de basse devient le fondement harmonique de l’écriture vocale émancipée et dramatique.

Le récitatif  de Schütz « O süsser, o freudlicher » élargit la forme musicale et impressionne par l’exploration raffinée des possibilités dramatiques de la langue allemande.
C’est ainsi que les procédés de composition du madrigal, du récitatif et du style antiphonal (à plusieurs choeurs), répandus par les écoles vénitiennes et florentines, font leur chemin dans la pratique allemande.

Sarabande
Vous nous proposez également des pièces de compositeurs moins connus de cette période.

Jorge Lopez Escribano
Oui, l’exploration du répertoire, les tentatives de le comprendre et de le faire vivre aujourd’hui, sont une de nos motivations pour la pratique de la musique ancienne.

Avec Schein et, plus tard, avec Hammerschmidt, les genres sacrés touchent un public toujours plus large ; ils sont d’ailleurs conçus pour s’adapter à des combinaisons variées, les partitions indiquant explicitement le choix laissé libre des chanteurs, de la tessiture et des instruments.

Notre ensemble fait un usage fréquent de cette permission ! Hammerschmidt, lui même, se plaignait, d’ailleurs, que, dans ses motets, il se sentait « lié par la tradition », au moment même où il voyait le concerto comme la véritable forme contemporaine.

La migration et la dissémination du style italien vers le Nord peut sans doute être perçue comme un mouvement de vulgarisation en phase avec le développement d’alors de la pensée humaniste.

 Sarabande
Plusieurs pièces se présentent sous la forme de l’ostinato…

Jorge Lopez Escribano
Oui, cet aspect du programme est très intéressant : puisque la seconda pratica valorise les mots avec un accompagnement de basse, les compositeurs s’adonnent à la liberté absolue sous la forme de l’ostinato, c’est-à-dire de la répétition de la même cellule de basse tout au long du morceau.

De la simplicté et de la clarté du Laudate Dominum de Claudio Monteverdi, à la douleur du Stabat Mater de Giovanni Felice Sances, l’émotion est exprimée par les moyens les plus dramatiques et les plus intenses. Sances choisit une passaglia (l’un des ostinato les plus populaires de l’époque) pour la partie de basse, souvent associée à la lamentation, et utilise un texte de l’Hymne douloureux, un poème médiéval en latin du 14e siècle.

L’ostinato à la basse est également utilisé dans le genre instrumental, comme la Sonata sopra la Monica de Philippe Friedrich Bödecker (Sacra partitura, 1651), qui est, elle, basée sur une chanson du 16e siècle où il est question d’une jeune fille qui ne veut pas entrer au couvent.

Dans cet esprit de l’orchestre improvisateur, nous comptons les uns sur les autres pour que, comme une conversation musicale, chaque exécution soit spontanée, plutôt que le produit de l’étude d’un texte canonique.

Jorge7Sarabande

Peux-tu maintenant nous parler du travail musical que vous effectuez sur ce répertoire ?

 

Jorge Lopez Escribano

L’ensemble fonctionne, en fait, comme un groupe de continuo : plusieurs musiciens lisent la même partie et accomplissent un accompagnement improvisé et orné. Le continuo produit donc une sonorité complexe à la couleur variée qui supporte les besoins expressifs et esthétiques de l’écriture vocale.

Sarabande
« Sopra Il Basso », d’où votre ensemble titre-t-il son nom ?

Jorge Lopez Escribano
Ce nom, nous l’avons tiré du traité de 1607 d’Agostino Agazzari  « Del suonare sopra il basso », traité dans lequel Agazzari définit un système esthétique à l’usage des « instruments du fondement (basses), qui guident et soutiennent le son des voix et des instruments du consort » et à l’usage des « instruments de l’ornement qui, en contrepoint, rendent le son de l’harmonie plus agréable et plus sonore ». En d’autres mots, il s’agit d’un guide technique pour la réalisation de la basse.

 

Dans cet esprit de l’orchestre improvisateur d’Agarazzi, nous comptons les uns sur les autres pour que, comme une conversation musicale, chaque exécution soit spontanée, plutôt que le produit de l’étude d’un texte canonique.

Cette flexibilité vient directement de la pratique de l’époque et c’est elle que nous prenons comme point de départ de notre travail.

C’était la fonction de la musique que de donner une âme au texte, et c’était l’objet du nouveau style que de faire vivre à l’auditeur, par la complète synergie de la musique et du texte, une expérience profondément transformatrice.

Sarabande
« Geistliche Konzerte », tel est l’un des éléments du titre de votre programme, tu peux développer un peu ?

Jorge Lopez Escribano
Oui, les « Geistliche Konzerte », ces sont les concerts spirituels… Il s’agit en fait de musique sacrée et ce répertoire est, pour nous, une fenêtre ouverte sur la pensée musicale du premier baroque.

L’église, en effet, se tient au carrefour où se rencontrent des styles divergents et, dans cette période, justement, les croisement sont nombreux: influence des nouveaux styles monodiques sur le stile antico, influence des styles italiens en Allemagne, enchevêtrement, enfin, de différents univers esthétiques et spirituels.

 Cette période permet de percevoir, je crois, la transformation de la musique liturgique, transformation qui mène  d’un événement religieux un peu lointain et daté à la langue même du croyant, faite de ses mots, de ses prières, de ses espérances, de sa vie quotidienne.

Le concert que nous proposons offre, je l’espère, un moment de possible méditation sur le sacré dans la musique.
Il est important de se souvenir que les textes du programme sont des prières et de la poésie mises en musique. Ils explorent les thèmes de la piété souffrante, de la purification, de l’exaltation.
Pour un auditeur du 17e siècle, le concert, du fait de la rhétorique musicale qui était alors largement partagée, était une véritable expérience physique.
C’était la fonction de la musique que de donner une âme au texte, et c’était l’objet du nouveau style que de faire vivre à l’auditeur, par la complète synergie de la musique et du texte, une expérience profondément transformatrice.

Le programme

Oratio BASSANI (1540-50? – ca. 1609)
Vergine bella, Based on a madrigal by Cipriano de Rore
Heinrich SCHÜTZ (Köstritze 1585 – Dresden 1672)
O misericordissime Jesu, Kleine geistliche Konzerte, 1636 SWV 309
Francesco CAVALLI (Crema 1602 – Venice 1676)
O quam suavis est et decora
Mottetti a voce sola da diversi Eccellentissimi Autori,
Libro primo
, Venezia Gardano 1645
Phillipe F. BOEDDECKER (Hegenau 1615 – Stuttgart 1683)
Sonata Sopra La Monica, Sacra partitura, Strasbourg 1651
Andreas HAMMERSMIDT (Brüx 1611- Zittau 1675)
De profundis clamavi, Mottetae unius et duarum vocum, 1649
Claudio MONTEVERDI (Cremona 1567 – Venice 1643)
Laudate Dominum, Selva morale e spirituale, 1640 SV 287
Adriano BANCHIERI (Bologna 1568 – 1634)
Versi in risposta al Dixit del primo tuono, Nuovi pensieri ecclesiastici, book 3 op.35
Adam JARZEBSKI (Warka 1590 – Warsaw 1649)
Cantate Domino, Canzoni e concerti a due, tre e quattro Voci cum basso continuo, 1627
Johann THEILE (Naumburg 1646 – 1724)
Jesu, mein Herr und Gott allein
Tomaso da SANT’AGATA (Florence 1636)
O quam suavis est Domine spiritus tuus, Motecta 1- 3 vocib. Lib. primus, (Rome 1636)
Giovanni Felice SANCES (Rome 1600 – Vienna 1679)
Stabat Mater, pianto della Madonna 

 

Les musiciens

sopra6Henrikke G. Rynning
Henrikke est née à Stavanger en Norvège. Bachelière en violoncelle moderne à Oslo en 2004, elle se rend ensuite en Hollande pour étudier la musique ancienne. Elle obtient un master en violoncelle baroque avec Jaap ter Linden et Viola da Hoog, tout en étudiant la viole avec Mieneke van de Velden. En 2009-2010 Henrikke, suit une formation supérieure à l’ESMuc de Barcelone, étudiant le violoncelle baroque avec Bruno Cocset. Henrikke joue régulièrement avec l’Orchestre baroque de Norvège et le Barokkanerne. Elle participe également à des programmes de musique de chambre avec Paulus Barokk and Stavanger Barokk. Elle a trvavaillé avec l’Ensemble La Fenice (Jean Tubéry), l’Ensemble L’Arpeggiata (Christina Pluhar), Arte dei Suonatori et Vox Luminis. Ella joué sous la direction de Rolf Lislevand, Alessandro di Marchi, Rinaldo Alessandrini, Gottfried von der Goltz and Emma Kirkby.
sopra1Catherine Bahn
Née à New-York, Catherine a obtenu son master en Violoncelle avec Bonnie Hampton et Janos Starker. En 2001, elle se rend en Hollande pour y étudier le violoncelle baroque et la viole de gambe. Elle obtient un master de viole au Conservatoire royale de la Haye. Catherine joue donc sur divers instruments de basse d’archet et continue ses recherches sur le jeu de la vihuela d’archet et du lirone.
Elle se produit comme celliste invitée pour le Drottningholm Theater Orchestra, La Capilla Real de Madrid et Incontro Fortunato. Comme violiste, elle joue régulièrement avec L’Attimo and Musica Temprana. Catherine a également joué avec La Risonanza, dir. Fabio Bonizzoni and l’Ensemble Akademia, dir. Francoise Lasserre. Elle joue sur un violone en sol de René Slotboom, qui lui est prêté par the National Music Instrument Foundation (NMF).
sopra2Christoph Sommer
Originaire de Lutherstadt Wittenberg en Allemagne, Christoph est bachelier en musique ancienne du Koninklijk Conservatorium où il reçut l’enseignement de Nigel North, Mike Fentross and Joachim Held. En 2008, il a été sélectionné pour l’académie d’Ambronay dirigée par Jean Tubéry.
Christoph a donné des concerts avec le Konkinklijk Concertgebouworkest, le Rotterdam Philharmonic, le Staatsorkester Hamburg, amis aussi avec l’ensemble Elyma sous la direction of Gabriel Garrido.

sopra3Elena Krasaki
Née à Thessalonique, en Grèce, Helena a commencé la musique par le piano. Elle a poursuivi ses études avec le chant classique et la musicologie au Conservatoire national de l’Uiniversité  Aristote. En 2003, elle entre au Conservatoire Royal de La Haye pour suivre les cours du département de musique ancienne dans la classe de chant sous la direction de Rita Dams Lennie van den Heuvel, Jill Feldman, Michael Chance etPeter Kooij. Bachelière, elle obtient ensuite un Master spécilaisé dans la musique allemande et Italeienne du 17e siècle. Helena s’est produite dans de nombreux concerts en Holande, Belgique, Grèce, France, Italie et Corée, en particulier sous la direction de Christina Pluhar, Nico van der Meel, Barthold Kuijken, Charles Toet, Jean Tubéry… sopra 4Andrew Hallock
D’abord compositeur, le contre tenor américain Andrew Hallock vient en Europe pour étudier le chant au Conservatoire Royale de La Haye Ses professeurs sont Michael Chance, Peter Kooij et Lenie van den Heuvel. Diplômé en 2009, Andrew réside en Hollande et travaille régulièrement avec les ensembles Musica Fiata Köln, English Voices, Cappella Pratensis, Residentieen. Ila chanté aux festivals the d’Aix-en-Provence, d’Ambronay ainsi qu’au Salzburger Festspiele. Il approfondit la pratique du jeu ancien, la construction d’instruments d’époque et des disciplines où se croisent réalité et fiction.

jorgeJorge Lopez Escribano
Jorge est né à Tolède en Espagne. Il a étudié le clavecin et la basse continue au Real Conservatorio Superior de Música de Madrid avec Alberto Martínez Molina,
et en Hollande au Conservatoire royale de la Haye avec Jacques Ogg, où il termine actuellement son master en musique ancienne.
En complément de ses études, Jorge a participé aux master classes de Frédérick Haas, Lars Ulrik Mortensen, 
Christian Rieger et Richard Egarr.
Il collabore avec divers ensembles et orchestres pour des concerts et des enregistrements :  La Capilla Real de Madrid (Espagne), La Folía (Espagne), Orquesta Barroca de la Universidad de Salamanca (Espagne), Hippocampus (Espagne), Música Temprana (Hollande), InVento Ensemble (Hollande), Vox Luminis (Belgique) 
et Orfeo 2000 (Fance).

Il a travaillé à l’accompagnement de clavecin à « l’Academia 
de Música Antigua » à l’Université de Salamanque en Espagne et enseigne régulièrement le clavecin et la musique d’ensemble lors de la session d’été des Heures Musicales de la Vallée 
de la Bresle au Tréport en France. 

Arles, patrimoine et musique
Introduction au concert par P. Souchu, Président de Sarabande

Nous avons la chance de pouvoir proposer ce concert dans le cadre des Journées du Patrimoine… Mais il se trouve qu’à Arles, c’est un peu tous les jours le patrimoine !

Les arènes, Saint Trophime, l’Hôtel de ville, l’espace Van Gogh, mais aussi nos rues et souvent, même, les maisons que nous habitons sont à la fois des lieux chargés d’histoire et les lieux familiers de notre vie quotidienne.

Ici, notre petite histoire personnelle se déroule à l’ombre, ou au soleil, de l’histoire tout court. Voilà une des raisons qui nous fait aimer vivre à Arles.

La musique dite « ancienne » que nous proposons aujourd’hui est comme la ville d’Arles : elle doit à la fois être fidèle à son histoire et nous parler aujourd’hui… peut-être même être fidèle à son histoire pour savoir nous parler aujourd’hui.
Tous ceux qui travaillent à la connaissance, à la sauvegarde et au partage du patrimoine connaissent cette tension féconde entre le travail et la recherche historiques sur les œuvres et leur usage et leur signification au présent.

On peut s’étonner que, pour nous toucher aujourd’hui, ces jeunes artistes aient choisi un programme de musique religieuse.
N’oublions pas que les compositeurs qui vont être joués sont contemporains de la Réforme de Luther.

La bible vient d’être traduite en allemand. Chacun peut la lire, se l’approprier et voir dans le Christ des évangiles non plus seulement un dieu, mais un frère.

Dans les concerts spirituels de cette fin du 16e et du tout début du 17e siècles, c’est l’humanité qui chante.

Le programme de cet après-midi est donc dominé par deux figures : celle de Jésus, frère intercesseur qui porte nos espérances intimes et celle de Marie, qui est à elle seule toute l’humanité dont la souffrance questionne le sens de la vie.

L’originalité de ce programme est que la basse continue, normalement assurée par l’orgue et un instrument grave, est ici partagée et orchestrée entre plusieurs instruments qui fabriquent l’atmosphère dans lequel le chant peut pleinement s’exprimer.

Pour préparer ce concert, nos amis musiciens ont étudié les traités de composition, d’interprétation et d’ornementation de l’époque ; ils jouent sur des instruments qui sont les copies scrupuleuses d’instruments anciens… Mais toutes ces études ne sont pas suffisantes. Après savoir, il faut oublier qu’on sait. Ce n’est pas si facile, c’est là la discipline et la liberté qu’exige la musique pour être partagée au présent.

Et, s’il y a des études pour comprendre la musique ancienne, il n’y a pas d’autre recette, pour la faire aimer, que d’être un peu fou et de la faire vivre au concert pour faire sentir qu’elle a été écrite ce matin même.

C’est ce que vont tenter ces jeunes fous, ou ces musiciens, si vous préférez : partager avec vous cette conviction que cette musique qui a quatre siècles n’est pas plus âgée que ceux qui la jouent et que, le temps d’un concert, elle est contemporaine de nous tous, qui l’écoutons.