Orfeo di Cracovia

  syrinxPan et Syrinx, bas-relief de Claude Michel dit Clodion

Concert

Bach, Vivaldi, Telemann, Couperin, Monteclair

Temple d’Arles, le  16 août 2012 à 21h
12 et 8 euros,  gratuit pour les moins de 16 ans. Réservations : 06 16 49 13 57 ou

philippe.souchu@aliceadsl.fr

 Les musiciensLe programme – Entretien avec Jean Pierre MenugeLe clavecin du concert

 Cette année encore nous avons eu la chance de pouvoir mettre Arles sur le carnet de route buissonnière de nos amis de l’Orfeo di Cracovia.

Après la session de musique d’ensemble que, sous la direction de Jean-Pierre Menuge, ils animent chaque année au Tréport, les musiciens de l’ensemble prennent la route pour une série de concerts dédiés à l’amitié et aux rencontres.

Nos amis seront donc pour une soirée au Temple d’Arles pour nous donner un programme où se côtoient les grands noms du répertoire baroque.

L’Orfeo di Cracovia

Johanna

Joanna STAVARSKA, soprano

Après avoir abordé le chant au Conservatoire de Zamosc, Joanna est admise au Conservatoire Supérieur de Cracovie dans la classe de J. JASINSKA-BUSZEWICZ. Elle y obtient un Premier Prix de chant. Elle a approfondi sa connaissance du répertoire baroque dans le cadre de stages animés par Ch. ELSSNER, R. KARCRYKOWSTU. Elle se produit dans de très nombreux concerts en Pologne au sein d’ensemble spécialisés tels que Capella Cracoviensis” ou “La Dolcezza di Cracovia” mais aussi en Espagne et en France. 

jpmenuge
Jean-Pierre MENUGE, flûte à bec
Vouant à la flûte à bec, à la musique ancienne et à la facture de clavecin une passion de longue date, Jean-Pierre MENUGE a donné de très nombreux concerts un peu partout en Europe, en particulier en Pologne où il anime depuis plus de 10 ans un stage d’interprétation sous l’égide du Ministère de la Culture.
Il a eu l’occasion de collaborer à des productions cinématographiques (« George Dandin », « Louis, Enfant Roi » de Roger Planchon). Jean)-Pierre Menuge est aussi facteur de clavecins: c’est un instrument de sa fabrication, copie d’un original français conservé au Musée Instrumental de Paris (Tibaud 1691) qui sera utilisé lors de ce concert.
 

 

Amandine
 Amandine MENUGE, violoncelle baroque
Amandine MENUGE aborde très jeune l’étude du violoncelle au Conservatoire d’Abbeville. Après avoir intégré l’Ecole d’Orchestre de Méru (Oise), elle entre au CNR de Rouen dans la classe de Nathalie Ruget. Elle a déjà eu l’occasion de participer à de nombreux concerts, en orchestre et en musique de chambre, et s’est produite à l’occasion de tournées en Irlande, en Angleterre, en Roumanie. Au sein de l’Orchestre du Pas de Calais , elle a récemment participé à un concert au Casino de Paris aux côtés de Didier Lockwood. Elle est actuellement l’élève de Bernard Woltèche à Bruxelles en violoncelle baroque et participe sous sa direction à des projets au Conservatoire Royal de Bruxelles
.

jorge

Jorge LOPEZ ESCRIBANO, clavecin

Après avoir terminé ses études de piano au Conservatorio Superior de Música de Badajoz (Espagne), avec Alexander Kandelaki et Nino Kereselidzse, Jorge López- Escribano s’intéresse à l’interprétation sur instrument historique et à la basse continue. Il s’inscrit en classe de clavecin au « Real Conservatorio Superior de Música de Madrid « (Espagne) avec Alberto Martínez Molina puis au Conservatoire Royal de La Haye (Pays-Bas) avec Jacques Ogg. Il participe à des master classes avec Richard Egarr, Lars Ulrik Mortensen et Menno van Delft. Il est membre fondateur de l’orchestre de chambre «L’Attimo fuggente» qui s’est produit dans divers festivals à travers l’Europe. Il a collaboré avec La Capilla Real de Madrid (Óscar Gershensohn), Música Temprana (Adrian van der Spoel), La Folia (Pedro Bonet) et Hippocampus (Alberto Martínez Molina) pour des concerts et des enregistrements.

 

 Entretien avec Jean-Pierre Menuge

Jean-Pierre parle nous un peu de l’Orfeo di Cracovia… 
Entre la France, la Roumanie et la Pologne, 2500 kilomètres nous séparent mais nous nous retrouvons chaque été pour des tournées de concerts à travers la France. Je propose ces concerts à des musiciens qui partagent la même conception du répertoire baroque,  ayant une expérience confirmée du concert mais, guidées avant toute chose, par le plaisir de la rencontre à travers la musique.

Parle-nous de ces concerts estivaux…
Après  le stage que nous organisons au Tréport , nous élaborons un programme et nous partons sur les routes, à la rencontre des lieux, des publics… et de nous mêmes. Nous retrouvons un peu la condition de ces musiciens itinérants, mais à une époque où les voyages sont beaucoup plus faciles et beaucoup plus sûrs ! 

Extrait d’un concert donné par l’Orfeo di Cracovia en 2011 au Tréport, extrait du site des  Heures musicales de la Vallée de la Bresle

Nos programme sont vivants, nous souhaitons montrer que la musique ancienne, souvent drôle et pleine d’humour, n’a pas pris une ride.Plus que jamais, me semble-t-il, elle parle à notre sensibilité contemporaine. Est-ce parce que le plaisir, qu’on la fasse ou qu’on l’écoute, fut sa première fonction ?

Selon toi, en quoi « la musique ancienne » nous concerne-t-elle encore ?
La Renaissance marque l’une des plus grandes transformations idéologiques et esthétiques que l’Occident ait connu dans son histoire. Elle conduit à ce que les musicologues appelle aujourd’hui le baroque.Art du mouvement, de l’émotion au sens propre du mot, le baroque emprunte son langage à celui des émotions, des passions disent les Français, des affetti disent les Italiens. Les compositeurs des 17ème et 18 ème siècles puisent leur inspiration dans la culture gréco-romaine, en particulier la mythologie où se déchaînent les amours des dieux et des hommes. Pourquoi les chroniques et les mythes de l’Olympe nous concernent-ils encore aujourd’hui ? Sans doute parce qu’elles font écho à des émotions toujours bien actuelles. Le retour aux sources antiques est à l’origine d’un nouvel idéal : les arts peuvent «émouvoir, rendre meilleur, changer et apaiser les sentiments». Joli programme, non ?

Comment la musique véhicule-t-elle ces émotions dont tu parles ?
Le grand sculpteur baroque Le Bernin écrivait que « l’homme n’est jamais aussi semblable à lui même que lorsqu’il est en mouvement ». C’est à la même époque que Colombo et Harvey avancent que le sang n’est pas immobile dans le corps humain mais qu’il circule sans arrêt dans toutes ses parties, pompé par le coeur. Art du mouvement la danseinspire la musique ; c’est elle qui lui donne sapulsation et son caractère. Qu’on parle peinture, littérature, sculpture, architecture ou musique, l’art baroque est un art de l’illusion, de l’artifice et du mouvement.Comme les oeuvres du baroque pictural ne laissent jamais l’oeil en repos, celles du baroque musical sollicite constamment notre oreille.Avec ce programme du 16 Août en Arles, nous vous proposons de vous laisser (em)porter par les passions baroques, qui sont toujours au fond des réthoriques exprimant la joie, la colère, la tendresse, la gaîté ou la tristesse.

Le programme du concert

Georg Philip TELEMANN 1681-1767
Sonate méthodique en do majeur
Flûte à bec et basse continue

Michel PIGNOLET  de MONTECLAIR 1667-1737
Cantate « Pan et Syrinx »
Voix, flûte et basse continue


Johann Sebastian BACH 1685-1750
Sonate en la majeur BWV 1032
Vivace, Largo e dolce, allegro
Flute de voix et clavecin obligé

Louis COUPERIN 1626?-1661
Suite en Fa majeur
Prélude et Chaconne
Clavecin

Antonio VIVALDI 1678-1741
Cantate “Lungi del vago volto”
Voix, flûte et basse continue
 

Le clavecin du concert

Copie d’après un original de Vincent Tibaud (Toulouse 1691) conservé au Musée Instrumental de Paris par Jean Pierre Menuge 2004

Tibaud est l’un de ces facteurs français de la fin du XVIIème siècle dont la gloire sera longtemps éclipsée par celle de ses cadets, les Denis, Taskin, Blanchet et autres figures de la facture française du XVIIIème siècle. Parmi les rares instruments du XVIIème siècle qui nous soient parvenus, ceux de Vincent Tibaud (1647-1691) retiennent l’attention.
Trois instruments subsistent, l’un conservé au Musée instrumental de Bruxelles (1679), le deuxième dans une collection particulière à Paris(1681) et le troisième au Musée Instrumental de Paris (1691). C’est ce dernier qui a inspiré cette copie extrêmement fidèle aux mesures de l’original, particulièrement dans le façonnage et l’assemblage de latable d’harmonie.
Vincent Tibaud devant mourir quelque temps après
avoir terminé cet instrument, cet original du Musée Instrumental de Paris prend une valeur en quelque sorte testamentaire. Il faut noter dans la construction de la caisse les mélanges des influences italiennes (fond épais, éclisses rapportées, équerres de montage….) et flamandes (courbe peu prononcée, traverses renforçant la contre-éclisse….). Nous sommes à Toulouse, sans doute au confluent des influences méridionales et septentrionales. Le barrage de la table d’harmonie est très particulier : une grande barre diagonale traverse le milieu de la table, perpendiculaire au boudin et aux deux chevalets. Cette structure produit un timbre original, sans doute le fruit d’une recherche très personnelle du
facteur.
On peut imaginer ce que les Louis Couperin, Chambonnière,
Clérambault ou d’Anglebert devaient entendre. Le grave est profond,l’aigu limpide. L’opposition des deux claviers offre de nombreuses combinaisons sonores et leur accouplement (une originalité, c’est le clavier inférieur qui coulisse sous le clavier supérieur) produit un son puissant et généreux.
Le traitement décoratif des instruments originaux de Tibaud est très particulier. Peu d’instruments connus sont en effet marquetés. Tibaud utilisait avec une grande virtuosité le noyer et les incrustations de sycomore.