Orfeo di Cracovia

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Concert

Bach, Vivaldi, Haendel, Rameau, Clérembault

Temple d’Arles, le  17 août 2011 à 21h

12 et 8 euros,  gratuit pour les moins de 12 ans. Réservations : 06 16 49 13 57 ou

philippe.souchu@aliceadsl.fr

 Les musiciensLe programme – Entretien avec jean Pierre MenugeLe clavecin du concert

 

Cet été, nous avons mis Arles sur le chemin de nos amis de l’Orféo di Cracovia. Après une saison bien pleine de rencontres photographiques, de sonorités des Suds, de voyages ou de repos, nous vérifierons ensemble que les accents de la musique baroque nous touchent encore…

L’Orfeo di Cracovia

  ehacheElodie HACHE, soprano.
Agée de 23 ans, Elodie HACHE n’est encore qu’au début d’une brillante carrière. Très jeune, elle affirme son goût pour la musique dans sa Normandie natale en participant à de très nombreux concerts. Après ses études secondaires, elle choisit d’entrer à la Sorbonne en licence de musicologie. Elle poursuit parallèlement une formation lyrique au CNR de Paris où elle obtient son DEM de chant à l’unanimité.
Son activité de chanteuse connaît une brusque accélération après son entrée dans les choeurs de l’Orchestre de Paris.
En 2006, elle se fait remarquer comme soliste à l’occasion d’un remplacement qu’elle fait au pied levé lors des productions de l’Orchestre de Paris, dans La Vida Breve de Manuel de Falla dirigé par Rafael Frühbeck de Burgos, puis sous la direction de Christoph Eschenbach dans le Requiem de Verdi en 2007, et dans la Missa Solemnis de Beethoven en 2008.
Depuis, elle a participé à plusieurs festivals où son talent, sa présence sur scène ont été plébiscités. A présent, Elodie poursuit les concours et est engagée pour jouer dans la production d’Andromaque de Grétry, avec le Concert Spirituel, sous la direction de Hervé Niquet en octobre 2009.
 

 

  Jean-Pierre MENUGE, flûte à bec

menugeVouant à la flûte à bec, à la musique ancienne et à la facture de clavecin une passion de longue date, Jean-Pierre MENUGE a donné de très nombreux concerts un peu partout en Europe, en particulier en Pologne où il anime depuis plus de 10 ans un stage d’interprétation sous l’égide du Ministère de la Culture.
Il a eu l’occasion de collaborer à des productions cinématographiques (« George Dandin », « Louis, Enfant Roi » de Roger Planchon). Jean)-Pierre Menuge est aussi facteur de clavecins: c’est un instrument de sa fabrication, copie d’un original français conservé au Musée Instrumental de Paris (Tibaud 1691) qui sera utilisé lors de ce concert. 

 

  Justyna KRUSZ, viole de gambe
jkruszAprès ses études secondaires au Panstwowe Liceum Muzyczne im. Karola Szymanowskiego en classe de violoncelle (Bernard POLOK), elle participe à plusieurs concours de violoncelle, entre autres à Wroc!aw (1995), Poznan (1998) et Koszyce (en Slovaquie 1998 – première mention). Après avoir été admise à l’Académie de Musique de Katowice (classe de Piotr JANOSIK, elle participe à un projet international “Internationale Junge Orchester Akademie“ à Bayreuth (Allemagne).

En 2005 elle découvre la viole de gambe et entre à l’Académie de Musique de Cracovie Elle participe à des master-class animées par Paolo Pandolfo, Wieland Kuijken et Marianne Müller. En 2006 elle participait à l’enregistrement d’un CD de musique médiévale avec la Capella Cracoviensis. Elle vient d’obtenir un DEM au Conservatoire de Grenoble dans la classe de Christine Plubeau. Elle joue de la viole de gambe qui est une copie d’une basse française à 7 cordes du XVIIIème siècle, fabriquée à Prague en 2006.

 

  Fernanda ROMILA, clavecin
romillaFernanda ROMILAest née à Bucarest (Roumanie) et obtient les diplômes supérieurs pour la composition et l’orgue au Conservatoire National Supérieur. Elle a étudié le clavecin au Conservatoire Royal de Bruxelles avec Frédérick Haas et ôbtenu un Prix à la Musikhochschule de Breme. Elle a reçu au cours de stages les précieux enseignements de musiciens aussi renommés que Jordi Savall, Pierre Hantaï, Nicholas Parle, Marten Root, etc… Fernada Romila est membre dans plusieurs ensembles de musique baroque. Elle a enregistré en Belgique un CD en crétion mondiale des sonates pour clavecin avec violon et basse ad libitum par P.J. Vandenbosch (Anvers XVIIIe).

 


Entretien avec Jean-Pierre Menuge

Sarabande
Jean-Pierre parle nous un peu de l’Orfeo di Cracovia… 

 Jean-Pierre Menuge
La France, la Roumanie et la Pologne, 2000 kilomètres les séparent mais une même passion de la musique ancienne les réunit chaque année pour une tournée de concerts estivaux en France. Les musiciens invités défendent chacun à leur façon une conception expressive, vivante et sincère du répertoire baroque. Chacun est guidés par une expérience confirmée du concert mais, avant toute chose, par le plaisir de la rencontre à travers la musique.

Sarabande
Parle-nous de ces concerts estivaux…

Jean-Pierre Menuge
Chaque année nous nous réunissons, après le stage que nous organisons au Tréport, nous élaborons un programme et nous partons sur les routes, à la rencontre des lieux, des publics… et de nous mêmes. Nous retrouvons un peu la condition de ces musiciens itinérants, mais à une époque où les voyages sont beaucoup plus faciles et beaucoup plus sûrs !

A travers un programme que nous souhaitons plein de vie, nous tâchons de montrer que la musique ancienne, souvent drôle et pleine d’humour, n’a pas pris une ride.Plus que jamais, me semble-t-il, elle parle à notre sensibilité contemporaine.
Sans doute parce que le plaisir, qu’on la fasse ou qu’on l’écoute, fut sa première fonction.

Sarabande
Selon toi, en quoi « la musique ancienne » nous concerne-t-elle encore ?

Jean-Pierre Menuge
La Renaissance marque l’une des plus grandes transformations idéologiques et esthétiques que
l’Occident ait connu dans son histoire. Elle conduit à ce qu’on appelle aujourd’hui le baroque.
Art du mouvement, de l’émotion au sens propre du mot, le baroque emprunte son langage à celui
des émotions, des passions disent les Français, des affetti disent les Italiens.
Les compositeurs
des 17ème et 18 ème siècles puisent leur inspiration dans la culture gréco-romaine, en
particulier la mythologie où se déchaînent les amours des dieux et des hommes. Pourquoi les
chroniques et les mythes de l’Olympe nous concernent-ils encore aujourd’hui ? Sans doute
parce qu’elles font écho à des émotions toujours bien actuelles.
Le retour aux sources antiques est à l’origine d’un nouvel idéal : les arts peuvent «émouvoir, rendre meilleur, changer et apaiser les sentiments»
. Joli programme, non ?

Sarabande
Comment la musique véhicule-t-elle ces émotions dont tu parles ?

Jean-Pierre Menuge
Le Bernin, sculpteur baroque par excellence, disait que « l’homme n’est jamais aussi semblable à lui même que lorsqu’il est en mouvement ». C’est à la même époque que Colombo et Harvey avancent que le sang n’est pas immobile dans le corps humain mais qu’il circule sans arrêt dans toutes ses parties, pompé par le coeur.
Art du mouvement la danse
inspire la musique ; c’est elle qui lui donne sa
pulsation et son caractère. Qu’on parle peinture, littérature, sculpture, architecture ou musique, l’art baroque est un art de l’illusion, de l’artifice et du mouvement
.Comme les oeuvres du
baroque pictural ne laissent jamais l’oeil en repos, celles du baroque musical sollicite constamment notre oreille.

Ainsi, selon notre humeur, nous nous laissons porter par les passions baroques, qui sont toujours au fond touours des réthoriques éprouvées de la joie, de la colère, tendresse, gaîté ou tristesse.

   


Le programme du concert

Jean-Philippe RAMEAU (1683-176)
5ème suite de clavecin en concert
La Forqueray-La Cupis-la Marais
Clavecin obligé, viole et flûte

Antoine FORQUERAY (1672-1745)

la Couperin
Viole et basse continue
Nicolas CLERAMBAULT (1676 1749)
Cantate «Orphée»
Voix, flûte et basse continue
pause
Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
«Flammende Rosen, Zierde der Erden» (Neun deutsche
Arien)
Voix, flûte et basse continue
Johann Sebastian BACH (1685-1750)
Sonate en la majeur BWV 1032
Vivace, Largo e dolce, allegro
Flute de voix et clavecin obligé
Antonio VIVALDI (1678-1741)
Cantate « All ombra dell suspetto »
Voix, flûte et basse continue

 

Le clavecin du concert

Copie d’après un original de Vincent Tibaud (Toulouse 1691) conservé au Musée Instrumental de Paris par Jean Pierre Menuge 2004

Tibaud est l’un de ces facteurs français de la fin du XVIIème siècle dont la gloire sera longtemps éclipsée par celle de ses cadets, les Denis,Taskin, Blanchet et autres figures de la facture française du XVIIIème siècle. Parmi les rares instruments du XVIIème siècle qui nous soient parvenus, ceux de Vincent Tibaud (1647-1691) retiennent l’attention.
Trois instruments subsistent, l’un conservé au Musée instrumental de Bruxelles (1679), le deuxième dans une collection particulière à Paris (1681) et le troisième au Musée Instrumental de Paris (1691). C’est ce dernier qui a inspiré cette copie extrêmement fidèle aux mesures de l’original, particulièrement dans le façonnage et l’assemblage de la table d’harmonie.
Vincent Tibaud devant mourir quelque temps après
avoir terminé cet instrument, cet original du Musée Instrumental de Paris prend une valeur en quelque sorte testamentaire. Il faut noter dans la construction de la caisse les mélanges des influences italiennes (fond épais, éclisses rapportées, équerres de montage….) et flamandes (courbe peu prononcée, traverses renforçant la contreéclisse….). Nous sommes à Toulouse, sans doute au confluent des influences méridionales et septentrionales Le barrage de la table d’harmonie est très particulier : une grande barre diagonale traverse le milieu de la table, perpendiculaire au boudin et aux deux chevalets. Cette structure produit un timbre original, sans doute le fruit d’une recherche très personnelle du facteur.
On peut imaginer ce que les Louis Couperin, Chambonnière,
Clérambault ou d’Anglebert devaient entendre. Le grave est profond, l’aigu limpide. L’opposition des deux claviers offre de nombreuses combinaisons sonores et leur accouplement (une originalité, c’est le clavier inférieur qui coulisse sous le clavier supérieur) produit un son puissant et généreux.
Le traitement décoratif des instruments originaux de Tibaud est très particulier. Peu d’instruments connus sont en effet marquetés. Tibaud utilisait avec une grande virtuosité le noyer et les incrustations de sycomore.