Orfeo 2000

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Un concert chez M. de La Fontaine

M. Corrette, Ch. Dieupart, J. Froberger, Vivaldi-Chedeville

Chapelle de la Charité, le  lundi 24 octobre 2011 à 20h

12 et 8 euros,  gratuit pour les moins de 12 ans. Réservations : 06 16 49 13 57 ou

philippe.souchu@aliceadsl.fr

Ce concert a été rendu possible
par le soutien de l’Hôtel Jules César 

 Les musiciensLe programme – Entretien avec Jean-Pierre Menuge
Le clavecin du concert

Jean-Pierre Menuge, que nous avons entendu cet été, revient cet automne à la tête d’une autre formation pour nous faire partager l’esprit de Jean de La Fontaine, le grand poète de notre enfance… et du 17e siècle.

Au couts de cette soirée, nous aurons le plaisir de retrouver le claveciniste Jorge Lopes Escribano. Nous ferons également la connaissance d’une jeune musicienne : Amandine Menuge au violoncelle.

L’Orfeo 2000

  jpmenugeJean-Pierre MENUGE, flûte à bec
Vouant à la flûte à bec, à la musique ancienne et à la facture de clavecin une passion de longue date, Jean-Pierre MENUGE a donné de très nombreux concerts un peu partout en Europe, en particulier en Pologne où il anime depuis plus de 10 ans un stage d’interprétation sous l’égide du Ministère de la Culture.
Il a eu l’occasion de collaborer à des productions cinématographiques (« George Dandin », « Louis, Enfant Roi » de Roger Planchon). Jean)-Pierre Menuge est aussi facteur de clavecins: c’est un instrument de sa fabrication, copie d’un original français conservé au Musée Instrumental de Paris (Tibaud 1691) qui sera utilisé lors de ce concert.
 

 

  amandineAmandine MENUGE, violoncelle
Amandine MENUGE aborde très jeune l’étude du violoncelle au Conservatoire d’Abbeville. Après avoir intégré l’Ecole d’Orchestre de Méru (Oise), elle entre au CNR de Rouen dans la classe de Nathalie Ruget. Elle a déjà eu l’occasion de participer à de nombreux concerts, en orchestre et en musique de chambre, et s’est produite à l’occasion de tournées en Irlande, en Angleterre, en Roumanie. Au sein de l’Orchestre du Pas de Calais , elle a récemment participé à un concert au Casino de Paris aux côtés de Didier Lockwood. Elle est actuellement l’élève de Bernard Woltèche à Bruxelles en violoncelle baroque et participe sous sa direction à des projets au Conservatoire Royal de Bruxelles.

 

  jorgeJorge Lopez Escribano, clavecin
Après avoir terminé ses études de piano au Conservatorio Superior de Música de Badajoz (Espagne), avec Alexander Kandelaki et Nino Kereselidzse, Jorge López- Escribano s’intéresse à l’interprétation sur instrument historique et à la basse continue. Il s’inscrit en classe de clavecin au « Real Conservatorio Superior de Música de Madrid « (Espagne) avec Alberto Martínez Molina puis au Conservatoire Royal de La Haye (Pays-Bas) avec Jacques Ogg. Il participe à des master classes avec Richard Egarr, Lars Ulrik Mortensen et Menno van Delft. Il est membre fondateur de l’orchestre de chambre «L’Attimo fuggente» qui s’est produit dans divers festivals à travers l’Europe. Il a collaboré avec La Capilla Real de Madrid (Óscar Gershensohn), Música Temprana (Adrian van der Spoel), La Folia (Pedro Bonet) et Hippocampus (Alberto Martínez Molina) pour des concerts et des enregistrements. 

 

Entretien avec Jean-Pierre Menuge

Sarabande
Jean-Pierre, tu nous proposes un concert autour des fables de La Fontaine, peux-tu nous parler un peu de ce qui a conduit  ton projet ?

Jean-Pierre Menuge
C’est simple, j’aime La Fontaine. J’aime ce maître en diversité, c’est sa devise, et en oisiveté.
Il est si naturellement présent à l’esprit de ceux qui, dans l’enfance, ont appris le Corbeau et le renard, Le loup et l’agneau, la Cigale et la fourmi, qu’il faut oublier un peu notre « par cœur » pour sentir à nouveau son charme, ses bonheurs d’expression, sa tendre lucidité, sa ménagerie poétique.
C’est ce que nous essayons de faire dans ce concert chez M. de La Fontaine.

Sarabande
Qu’est-ce qui distingue, selon toi, La Fontaine des auteurs de son temps ?

Jean-Pierre Menuge
L’art du 17e, siècle compte tenu de l’énorme attraction qu’exerce le Roi Soleil, est un art de cour… Seul, peut-être, dans son siècle, La Fontaine conduit ses contemporains à la campagne, dans les prés, dans les bois, aux bords des eaux. Il leur montre, et il nous montre, avec parfois un brin de mélancolie ce qu’il aime et il assemble autour de lui, en précurseur de ce qu’on appelle aujourd’hui la biodiversité, l’ensemble des créatures des champs. Comme il le dit lui-même, « tout parle en son ouvrage et même les poissons »…

Sarabande
Mais la cour et Versailles restent présents dans bien des sujets et bien des morales des fables…

Jean-Pierre Menuge
Oui, tu as raison, La Fontaine reste toujours de son temps mais il sait pratiquer d’autres lieux… et là où la fable d’Esope est brève et court vers son apologue, La Fontaine prend plaisir à peindre, à décrire, à narrer… Il prétend, dans la préface à son premier livre que c’est Platon qui introduisit, comme sœurs, la musique et la poésie dans les fables :  il sait bien que si « tout parle dans l’univers », le fabuliste, alors, s’il est moraliste, est avant tout poète.

Sarabande
Tu viens de parler de la poésie et de la musique dans les fables. La Fontaine aimait-il la musique ?

Jean-Pierre Menuge
«J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique» nous dit La Fontaine. Il en jouait lui-même : il possédait un clavecin. Il nous dit, ailleurs, qu’il préfère les airs simplement chantés au luth que les passions de l’opéra :

La voix veut le théorbe, et non pas la trompette ;
Et la viole, propre aux plus tendres amours,
N’a jamais jusqu’ici pu se joindre aux tambours.

Il faut vingt clavecins, cent violons, pour plaire ;
On ne va plus chercher au bord de quelque bois
Des amoureux bergers la flûte et le hautbois,
…. Hiver, été, printemps, bref opéra toujours;

Sarabande
Quelle place la musique a-t-elle dans son œuvre ?

Jean-Pierre Menuge
On doit à La Fontaine des textes de chansons et trois livrets d’opéra. Son incompatibilité d’humeur avec Lully, le si puissant surintendant de la musique du roi, est bien connue par les traits restés célèbres qu’il décocha contre le Florentin.

On peut retrouver notre précédent entretien avec Jean-Pierre à l’adresse suivante :
http://association-sarabande.over-blog.fr/article-arles-concert-de-l-orfeo-di-cracovia-78314383.html#entretien

Le programme du concert

Michel CORRETTE 1707-1795
Sonate (extrait «les délices de la solitude»)
Allegro-aria (affetuoso)-allegro
Violoncelle et basse continue

Le milan et le rossignol
Le chêne et le roseau

Charles DIEUPART ?-1740
1ère sonate en la majeur
Ouverture-allemande-courante-sarabande-gavotte-menuet-gigue
Flûte de voix et basse continue

La couturière (conte)
Le corbeau et le renard

Johann Jakob FROBERGER 1616-1667
Suite en sol mineur FbWV 618
Allemande (fait à l`honneur de Mad. S ybille Duchesse de
Wirtemberg)-Gigue-Courante (nommé la Philotte)-Sarabande
Clavecin seul

Les médecins
Le Florentin (pamphlet)

Antonio VIVALDI 1678-1741/Nicolas CHEDEVILLE
1705-1782
Sonate n°4 en la majeur «Il Pastor Fido»
Préludio (largo)-allegro ma non presto-pastorale-allegro
Flute et basse continue

Le clavecin du concert
Copie d’après un original de Vincent Tibaud (Toulouse 1691) conservé au Musée Instrumental de Paris par Jean Pierre Menuge 2004

Tibaud est l’un de ces facteurs français de la fin du XVIIème siècle dont la gloire sera longtemps éclipsée par celle de ses cadets, les Denis,Taskin, Blanchet et autres figures de la facture française du XVIIIème siècle. Parmi les rares instruments du XVIIème siècle qui nous soient parvenus, ceux de Vincent Tibaud (1647-1691) retiennent l’attention.
Trois instruments subsistent, l’un conservé au Musée instrumental de Bruxelles (1679), le deuxième dans une collection particulière à Paris (1681) et le troisième au Musée Instrumental de Paris (1691). C’est ce dernier qui a inspiré cette copie extrêmement fidèle aux mesures de l’original, particulièrement dans le façonnage et l’assemblage de la table d’harmonie.
Vincent Tibaud devant mourir quelque temps après
avoir terminé cet instrument, cet original du Musée Instrumental de Paris prend une valeur en quelque sorte testamentaire. Il faut noter dans la construction de la caisse les mélanges des influences italiennes (fond épais, éclisses rapportées, équerres de montage….) et flamandes (courbe peu prononcée, traverses renforçant la contreéclisse….). Nous sommes à Toulouse, sans doute au confluent des influences méridionales et septentrionales Le barrage de la table d’harmonie est très particulier : une grande barre diagonale traverse le milieu de la table, perpendiculaire au boudin et aux deux chevalets. Cette structure produit un timbre original, sans doute le fruit d’une recherche très personnelle du
facteur.
On peut imaginer ce que les Louis Couperin, Chambonnière,
Clérambault ou d’Anglebert devaient entendre. Le grave est profond, l’aigu limpide. L’opposition des deux claviers offre de nombreuses combinaisons sonores et leur accouplement (une originalité, c’est le clavier inférieur qui coulisse sous le clavier supérieur) produit un son puissant et généreux.
Le traitement décoratif des instruments originaux de Tibaud est très particulier. Peu d’instruments connus sont en effet marquetés. Tibaud utilisait avec une grande virtuosité le noyer et les incrustations de sycomore.