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Concert

OrfeO di Cracovia

BACH – HAENDEL – VERACINI – BONONCINI – COUPERIN

Mercredi 26 Août 2020 à 20h
Temple d’Arles

Caroline Menuge, violon
Amandine Menuge, violoncelle
Jorge Lopez-Escribano, clavecin
Jean-Pierre Menuge, flûte

Entrée 15 euros, tarifs réduits 10 euros, gratuit avant 16 ans
Réservations et informations : 06 30 49 44 29

Note sur le concertLes musiciensProgramme
Baroque ? Entretien avec JP Menuge

 

Note sur le concert
Cette année encore nous avons la chance de pouvoir mettre Arles sur le carnet de route buissonnière de nos amis de l’Orfeo di Cracovia, musiciens que Sarabande a accueillis de nombreuses fois en solo ou en groupe.
Chaque année, en effet, sous la direction de Jean-Pierre Menuge, les musiciens de l’ensemble prennent la route pour une série de concerts dédiés à l’amitié et aux rencontres…

Une même passion de la musique ancienne les réunit chaque année pour une tournée de concerts d’été à travers la France. Ils défendent, chacun à leur façon, une conception expressive, vivante, sincère du répertoire baroque, guidés par une expérience confirmée du concert mais, avant toute chose, par le plaisir de la rencontre à travers la musique. A travers des programmes pleins de vie, ils sauront vous convaincre, si cela était nécessaire, que la musique ancienne, souvent drôle et pleine d’humour, n’a pas pris une ride et parle plus que jamais à notre sensibilité contemporaine. Sans doute parce que le plaisir, qu’on la fasse ou qu’on l’écoute, fut sa première fonction.

Pour ce concert arlésien, les filles rejoignent le père… du bonheur de se retrouver et de jouer ensemble, naît une ambiance tout particulière nourrie par une longue histoire de famille. Bonheur communicatif…

 

 

Programme

Georg Friedrich HÄNDEL 1685-1759
Sonate en trio en sol mineur HWV 390 (Opus 2 N°5)
Larghetto-allegro-adagio-allegro
Flûte, violon et basse continue

Francesco Maria VERACINI 1690-1768
Sonata quinta opera prima en Re mineur 1721
Preludio (andante)-corrente (allegro)-aria (cantabile), giga (allegro).
Violon et basse continue

Giovanni BONONCINI 1670-1747
Sonate en la mineur
Andante-allegro-grazioso-minuet
Violoncelle et basse continue

François COUPERIN 1668–1733
La Reine des Coeurs (Vingt-Unième Ordre – Livre IV,
1728) Lentement et très tendrement
La Couperin (Vingt-Unième Ordre – Livre IV, 1728) D’une vivacité modérée
La Superbe ou La Forqueray (Dixseptiéme Ordre – Livre III, 1722) Fièrement, sans lenteur
Clavecin seul

Johann Sebastian BACH 1685-1750
Sonate en trio en sol majeur BWV 1038
Largo vivace-adagio-presto
Flûte, violon et basse continue

 

Les musiciens

Caroline MENUGE, violon

C’est à l’âge de 4 ans que Caroline commence le violon. Bercée par la musique baroque, elle grandit en Normandie au sein d’une famille de musiciens et de facteurs d’instruments. Elle joue notamment avec Amandine Beyer, puis avec Giovanni Antonini et Diego Fasolis, pour une tournée
Universal Music dans laquelle Cécilia Bartoli interprète Norma. Elle enregistre avec Scherzi Musicali Petits Motets de Fiocco, oeuvre récompensée par un « Diapason Découverte ». Appelée ensuite par l’orchestre baroque de l’Opéra de Zurich, elle enregistre avec Scintilla des airs de Mozart interprétés par Juan Diego Florez (Sony). La compagnie La Fura Dels Baus de Barcelone l’a récemment invitée pour Free Bach 212, une nouvelle approche du violon baroque qui lui permet de toucher d’un plus près cette possible fusion entre musique, danse et théâtre.

Amandine MENUGE, Violoncelle

Etudiante au Conservatoire Royal de Buxelles dans la classe de violoncelle baroque d’Hervé Douchy puis au Conservatoire Royal de La Haye dans la classe de Lucia Swarts, Amandine a aussi rencontré Alain de Rijckere, Mira Glodeanu, Jean Tubéry, Frédérick Haas. Elle s’est produite en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, en Irlande, en Angleterre, en
Roumanie, en Allemagne et en Espagne avec entre autres Fernanda Romila, Jorge Lopez Escribano, Elisabeth Joyé, Jaap Schröder et Bruno Cocset. Elle a participé à des projets sous la direction de Frederick Haas, Guy Van Waas, Hervé Niquet et Kenneth Montgomery. Elle a participé à une session avec le
jeune orchestre de l’Abbaye aux Dames de Saintes sous la direction d’Hervé Niquet. En mai 2017 elle participe à une tournée aux Pays-Bas avec l’Orchestra of the Eighteenth Century et le département de musique ancienne du Conservatoire Royal de La Haye sous la direction de Kenneth Montgomery. En 2016 elle créait son propre ensemble Propitia Sydera. En septembre 2018 elle a enregistré avec le Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames avec le violoncelliste Raphaël Pidoux. Actuellement elle poursuit un cursus en master à l’université de Poitiers et se perfectionne avec David Simpson au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris.

Jorge LOPEZ ESCRIBANO, clavecin

Jorge est né à Tolède, en Espagne. Il a étudié leclavecin et la basse continue au RCSMM (« Real Conservatorio Superior de Música de Madrid ») avec Alberto Martínez Molina puis aux Pays-Bas au Conservatoire Royal de La Haye avec Jacques Ogg, où il a obtenu le Master en musique ancienne. Parallèlement à ses études, il a participé à des masterclasses de clavecin avec Frédérick Haas, Lars Ulrik Mortensen, Christian Rieger et Richard Egarr. Il collabore avec divers ensembles et
orchestres pour des concerts et des enregistrements, tels que Vox Luminis, la
Capilla Real de Madrid, La Folia, Sopra il Basso, L’Aura Rilucente, Orquesta
Barroca de la Universidad de Salamanca, Hippocampus, Música Temprana et
Orfeo 2000. Il travaille comme accompagnateur au clavecin à la « Academia de Música Antigua » de l’Université de Salamanque et enseigne actuellement la musique pour clavecin et la chambre aux Ateliers de Musique Ancienne organisés (Normandie-France) ainsi qu’au « Conservatorio Professionnel deMusique de Santander », en Espagne.

 

Jean-Pierre MENUGE, flûte à bec

Une passion de toujours pour la musique baroque, la flûte à bec et la facture de clavecin l’a conduit en France, en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, en Pologne, en Hongrie, en Roumanie… pour de nombreux concerts, récitals, stages d’interprétation ou enregistrements,
entre autres pour le cinéma (“George Dandin”, « Louis, Enfant Roi » de Roger
Planchon) ou encore musique de scène comme celle du spectacle “les Dix Commandements” de Robert Hossein. Il s’est produit aux côtés de très nombreux musiciens dont certains aussi prestigieux que James Bowman ou Jaap Schröder. Il est professeur honoris causa du Conservatoire Frédéric Chopin de Cracovie et est régulièrement invité dans la Saison de la Philharmonie de cette ville. Il est ou a été par ailleurs directeur artistique de plusieurs programmations en France, Musiques en Ecrins dans les Hautes Alpes, les Heures Musicales de la Vallée de la Bresle en Normandie, Baroque en Forez dans la Loire. Jean-Pierre Menuge est aussi facteur de clavecins: c’est un instrument de sa fabrication, copie d’un original français conservé au Musée Instrumental de Paris (Tibaut 1691) qui sera utilisé lors de ce concert.



Baroque ?… Entretien avec Jean Pierre Menuge

Jean-Pierre, le baroque, en deux mots ?

J. P.  Menuge :  Mouvement, émotion… « L’homme n’est jamais plus semblable à lui-même que lorsqu’il est en mouvement. » dit le Bernin. À la fin du XVIe siècle se produit une des plus grandes transformations idéologiques et esthétiques de l’histoire de l’Occident, entre Renaissance et Baroque.
L’art baroque se définit d’abord comme un art du mouvement et de l’illusion qui emprunte son langage à celui des émotions et des passions, des “affetti” comme disent les Italiens. Le retour aux sources de l’Antiquité est à l’origine d’un nouvel idéal: les arts peuvent « émouvoir, rendre meilleur, changer et apaiser les sentiments ». Et ce n’est pas un hasard si Colombo et Harvey avancent à la même époque que le sang n’est pas immobile dans le corps humain, mais qu’il circule sans arrêt dans toutes
ses parties, pompé par le cœur.

S’il s’agit d’un art du mouvement, alors la danse y est capitale ?

J. P.  Menuge : Oui ! Art du mouvement par excellence, la danse inspire la musique… C’est elle qui lui donne sa pulsation et son caractère. Allemandes, sarabandes,
gavottes, même lorsqu’elles ne disent par leur nom, sont au cœur des pièces vocales et instrumentales; on les retrouve jusque dans la musique sacrée.
« On a beaucoup discuté sur l’origine du mot baroque, on doit tenir à présent pour certain qu’elle est dans le mot portugais: barroco employé pour désigner la perle irrégulière. » (Victor L Tapié, Baroque et classicisme, 1980).
Qu’ils parlent peinture, littérature, sculpture, architecture ou musique, les théoriciens décrivent l’art baroque comme un art de l’exubérance et de l’artifice établi sur une
« forme ouverte », selon le mot d’Heinrich Wolfflin, sur une structure mouvante et libre où, au contraire des formes statiques cultivées par la Renaissance, chaque élément
plastique renvoie le regard du spectateur vers les éléments voisins. Les œuvres du baroque pictural ne laissent jamais l’œil en repos.

Quand la musique peut-elle donc être dite baroque ?

J. P.  Menuge : On admet que le baroque musical naît avec l’opéra au début du XVIIe et prend fin avec la mort de J.S. Bach en 1750 mais il est difficile de l’inscrire dans des limites strictement historiques. À côté de l’opéra et parallèlement à l’essor de la mélodie vocale, la musique instrumentale est assurément l’une des plus belles réalisations de l’art baroque. La virtuosité vocale se transmet aux instruments avec le même souci expressif et sensuel. Les changements soudains de rythme, la succession des tempi évoquent les contrastes des courbes et des contre-courbes, les oppositions dynamiques entre piano et forte les brusques alternances de lumière, et les ornements, souvent fruits de l’improvisation, dont les musiciens fleurissent les mélodies renvoient aux éléments décoratifs qui animent les architectures. Même le trompe-l’œil trouve son pendant dans une sorte de trompe-l’oreille, trait d’illusion auditive dont les figures de bariolage propres au violon donnent le meilleur
exemple.