Since in Vain…

musique de l’Angleterre de la Restauration

Caroline Huynh Van Xuan, clavecin

ARLES
Samedi 10 juin, 20h30, temple d’Arles, bld des Lices
AVIGNON
Dimanche 11 juin, 17h30, temple Saint Martial
15 euros, demi tarif 10 euros, gratuit avant 16 ans
informations : 07 82 14 87 95

Note sur le concertCaroline Huynh Van Xuan
Entretien avec Caroline sur son programme
Une belle critique du travail de Caroline

Note sur le concert
A l’occasion de la sortie du CD qu’elle a enregistré l’été dernier, nous avons le plaisir d’accueillir Caroline Huynh Van Xuan, que nous connaissons bien à Arles, pour sa participation régulière aux concert des département de musique ancienne du Conservatoire du Pays d’Arles.

Retrouvez le disque de Caroline sur France-Culture


Peter Antony Motteux (1663-1718)

Entretien avec Caroline Huynh Van Xuan

Caroline, peux-tu nous parler de ce qui a motivé le travail quia abouti à cet album ?

Ma motivation vient de l’intérêt que je porte à une période de la musique anglaise qui permet encore de belles découvertes : une période foisonnante de créativité dont bien des œuvres et des compositeurs même sont tombés dans l’oubli.

Tu nous situes cette période ?

C’est le 17e siècle anglais. Un lieu original donc et une période complexe : le 17ème siècle est marqué, en Angleterre, par la grande rupture que fut le Commonwealth, de 1649 à 1660, avec le gouvernement dʼOlivier Cromwell et des Puritains. LʼAngleterre sortait pourtant dʼune période artistique flamboyante depuis près dʼun siècle, celle du long règne dʼElisabeth Ier de 1558 à 1603, suivi de ceux de Jacques 1er et Charles 1er jusquʼà lʼexécution de ce dernier en 1649.
Le pays était lʼégal des autres nations européennes ; sur le plan musical, il avait vu des compositeurs comme Dowland, Byrd, Holborne, Coprario, Ferrabosco ou Hume exceller, notamment dans lʼécriture pour virginalistes ou pour le consort de violes.

Le Commonwealth impose un arrêt de lʼexpression publique de lʼart, pour le théâtre et la musique : seule est tolérée la pratique privée de la musique.

Mais tu t’intéresses justement à la période de la Restauration qu’ouvre le sacre de Charles II en 1661…

Exactement, c’est le moment où lʼart reprend ses droits. Exilé en France pendant le Commonwealth, Charles II va créer une série dʼinstitutions musicales sur la base de ce quʼil a vu à la cour de Louis XIV: une Chapelle Royale et une Private Musick à la Cour. Mais la musique, alors, se démocratise également ; elle est jouée dans les tavernes, gardens, théâtres, opéras et salles de concert à prix modiques ; de nombreuses associations voient le jour et la Fête de la Sainte Cécile devient un véritable festival populaire. 
Cʼest dans ce contexte que sont publiées de nombreuses œuvres pour clavecin, notamment des recueils de plusieurs auteurs – sous formes de Suits ou Lessons – dans lesquels on retrouve aussi des arrangements dʼairs dʼopéra ou dʼairs populaires de lʼépoque.

C’est à partir de ce matériel que tu as imaginé ton programme ?

Oui, j’ai trouvé là le témoignage vivant et varié de toute cette époque : on y trouve réunies des pièces célèbres, mais aussi des pièces qui, malgré la popularité dont témoignent ces éditions, ont été oubliées. Si certains compositeurs sont aujourd’hui de premier plan comme Purcell ou Haendel, dʼautres sont moins connus et même complètement ignorés.

Et le clin d’œil final à Sting ?

Clin d’œil à Sting, bien sûr… clin d’œil, aussi, à la vitalité même de la musique et à son intemporalité : c’est ainsi que j’ai choisi de finir, mais sans le clore, cet album par un arrangement dʼune chanson de Sting, Moon over Bourbon Street, en un Ground pour clavecin.

Une belle critique du travail de Caroline

« … C’est dans cette abondante moisson que Caroline Huynh Van Xuan a puisé pour composer un exquis bouquet odorant. Si certaines de ces pousses fragiles ici rassemblées sont encore bien vivaces dans la mémoire (comme celles plantées par Henry Purcell, John Blow, John Eccles, Francesco Geminiani, ou tout en fin de cette période, Georg Friedrich Haendel dans de magistrales variations), celles qui semblaient destinées à n’être plus que des feuillages pressés dans un album de fleurs desséchées, retrouvent sous les doigts déliés de la claveciniste, couleurs ravivées, effluves délicates et capiteux parfum. Influences italienne et française, génie national et rhétoriques nouvelles s’entrelacent dans des pièces brèves dont les chuchotis paisibles nourrissent l’âme ou l’allégresse tournoyante, le retour sur soi… » Emmanuelle Pesqué
La suite de la critique…

L’Education musicale a aussi écouté et apprécié le disque de Caroline…

Caroline Huynn Van Xuan

Après ses études musicales au CNR de Lyon en clavecin, piano, musique de chambre et formation musicale, Caroline intègre la classe de clavecin de Françoise Lengellé au CNSMD de Lyon où elle travaille avec Dirk Börner, Jaky Piscione, Pablo Kornfeld, Jesper Christensen et Roberto Gini. Elle bénéficie par ailleurs des conseils de Gustav Leonhardt, Christophe Rousset, Freddy Eichelberger, Pierre-Alain Clerc et Wieland Kuijken, et a étudié avec Béatrice Martin à l’Escola Superior de Musica de Catalunya (Barcelone). Elle a aussi étudié le pianoforte en Italie avec Laura Alvini et la basse continue avec Yves Rechsteiner (CNSMD de Lyon). Actuellement, elle enseigne au Conservatoire à Rayonnement Régional de Marseille.

Formée à l’écriture, Caroline compose et arrange pour des compagnies de théâtre et de danse, des illustrations musicales de dessins animés, et des ensembles instrumentaux et vocaux. Elle a entre autres écrit les arrangements de Coprario pour le disque Funeral Teares par l’ensemble Céladon de Paulin Bündgen, composé de la musique instrumentale et vocale pour le spectacle Camping par la Compagnie Propos de Denis Plassard, réalisé les arrangements des Ariel Song de Michael Nyman pour le programme No Time in Eternity par l’ensemble Céladon, et recomposé le Beggar’s Opera pour le Conservatoire du Pays d’Arles.

Claveciniste, organiste et continuiste, elle accompagne les classes de chant de Béatrice Cramoix, Isabelle Desrochers, Guillemette Laurens et Michel Vershaeve au sein du Festival de Musique Ancienne de Sablé. On a pu l’entendre en concert avec Sylvie de May, Jérôme Lefèvre, Jean Tubéry (La Fenice), Pierre Boragno, Patricia Petibon, James Bowman, Julie Hassler, Howard Crook, Carlos Mena. Elle se produit en orchestre avec Christophe Coin, Patrick Cohen-Akenine (Orchestre des Pays de Savoie), Paul Couëffé (solistes de l’Orchestre National de Lyon), Jean-Pierre Canihac (Sacqueboutiers de Toulouse), les solistes de l’Opéra de Paris, Le Concert de l’Hostel-Dieu (sous la direction de Paul Agnew). Elle travaille aussi régulièrement avec l’ensemble Céladon (Paulin Bündgen), Les Archetypes (François Costa), Les Siècles (François-Xavier Roth), Arsys (Pierre Cao), l’Orchestre d’Auvergne (Arie Van Beck), Le Concert de l’Hostel-Dieu (Franck-Emmanuel Comte).

Caroline a participé à de nombreux festivals en France et en Europe, de Musica à Strasbourg au Festival d’Ambronnay. Since in Vain – UnderGround(s) est son premier disque soliste ; elle a également participé récemment à l’enregistrement de Songs de Purcell avec le contre-ténor Thierry Grégoire.