nations2 Nos Amis des Heures musicales de la Vallée de la Bresle travaillent à l’édition 2016 (la dix-septième !) de leurs Ateliers de musique ancienne… C’est un heureux rendez-vous musical, estival et amical : ateliers de pratique d’ensemble, cours d’instruments, moments de détente et de rencontres sous le soleil normand et concerts : tout cela du 11 au 17 juillet au Tréport… Il reste des places… n’hésitez pas à prendre toutes les informations à cette adresses : http://www.heuresmusicales.com/ … et à rejoindre la page Facebook du stage.
Cet été les concerts seront consacrés aux Nation(s)

Entretien avec Jean-Pierre Menuge, maître d’oeuvre des ateliers

Sarabande
Quels sont les objectifs du stage que vous proposez ?

Jean-Pierre Menuge
Pour les stagiaires, il s’agit de développer la pratique de la musique historique sur instruments historiques et de permettre aux instrumentistes amateurs et, d’une façon générale, au public mélomane de s’initier à cette démarche.
Et comme le stage s’inscrit dans la saison d’été de notre région, il s’agit également de diffuser la connaissance du répertoire de la musique des XVIIème et XVIIIème siècles et de permettre son appropriation par l’animation culturelle et touristique de la Vallée de la Bresle, singulièrement en direction du public estival.

Sarabande
Quelques mots sur le thème que vous avez choisi cette année ?…

Jean-Pierre Menuge
Oui, ce thème vise à colorer un peu notre programme de concerts et à lui donner un fil conducteur. Nous avons choisi, cette année :  Nation(s) 
nations

Sarabande
En quoi les nations concernent-elles la musique ?

Jean-Pierre Menuge
«Chaque fois que j’écoute du Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne !» Derrière son humour décapant, Woody Allen pointe le rôle de la culture en général et de la musique en particulier dans l’étrange capacité des hommes à se détourner de la paix pour se faire la guerre. Hymnes, opéras ou simples chansonnettes, musiques savantes ou populaires portent l’identité des nations au risque d’exhorter les peuples à la conquête et à la revanche.

Sarabande
Alors, nations, concurrence impitoyable ou effervescence culturelle ?

Jean-Pierre Menuge
Concurrence et même terrible !… mais effervescence, aussi sans doute : les musiciens français et italiens se disputent les faveurs des Princes et des Eglises et bientôt celles du grand public qui font et défont le succès de leurs opéras. La Querelle des Bouffons qui oppose Rameau aux Encyclopédistes est une de ces batailles sans merci qu’ils se livrent. Rousseau écrira « les Français n’ont point de musique et n’en peuvent avoir, ou si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux ». Spectatrices de ces joutes stériles, les nations voisines font office de médiateurs. Les compositeurs des Lumières, Bach et ses fils, Telemann, Händel font leur miel des musiques françaises et italiennes. Tous recopient pieusement les oeuvres de leurs aînés, Lully, Corelli. Couperin, Corrette, Leclair deviennent les promoteurs des goûts réunis, mettant ainsi un terme à une inutile polémique. La musique n’est-elle pas ce langage universel qui peut réunir les hommes et installer la paix ?