HÄNDEL
VIVALDI
TELEMANN

 Orfeo

Vendredi 23 Août 2013

AVIGNON

au Temple St Martial à 20h 30

Samedi 24 Août 2013

 ARLES

au Temple d’Arles à 20h 30

 12 euros, tarifs réduits 8 euros

Gratuit pour les moins de 16 ans

Réservations : 06 16 49 13 57 ou

philippe.souchu@aliceadsl.fr

Caroline MENUGE
Céline LAMARRE
violon baroque

Jean-Pierre MENUGE
flûte à bec

Alain CAHAGNE
clavecin

Sarah-Luise RASCHKE
violoncelle baroque

Programme

Entretien avec jean Pierre MenugeLe clavecin du concert

Cet été, nous avons mis Arles sur le chemin de nos amis de l’Orféo di Cracovia. Après une saison bien pleine de rencontres photographiques, de sonorités des Suds, de voyages ou de repos, nous vérifierons ensemble que les accents de la musique baroque nous touchent encore…

Le programme du concert

Alessandro Scarlatti : Concerto en la mineur (Allegro-Largo-Fuga-Andante-Vivace) Giuseppe Daal’Abaco : Capriccio VIII pour violoncelle seul
Antonio Vivaldi :
Concerto en la mineur (Allegro-Largo-Presto)
Francesco Rognoni :
Vestiva i Colli, violon et basse continue
Georg Philipp Telemann : Quadro en sol mineur : Allegro-Adagio-Allegro

 


Entretien avec Jean-Pierre Menuge

Jean-Pierre, tu nous fais l’amitié de donner, cette année encore, un concert à Arles. Peux-tu décrire un peu le programme que tu proposes ?
C’est toujours un grand plaisir de revenir vous rendre visite en Arles à la fin de l’été et de terminer notre tournée estivale à travers la France dans l’ambiance si accueillante que Sarabande sait réserver aux musiciens. Les années précédentes, la voix éblouissante de Joanna Stawarska nous avait régalés.

Cette année, nous célébrerons le violon. Caroline nous fera entendre l’instrument que le célèbre luthier Pierre Jaquier, trop rapidement disparu, n’a pas eu le temps d’achever et qui a été terminé par Marieke Bodart en 2011. Ce concert lui rendra hommage. Après s’être produite dans le Périgord en 2012, l’équipe se retrouve avec plaisir autour de ce programme fait pour le plaisir des musiciens et des mélomanes.

Comment prépares-tu un tel programme ? Comment associes-tu les œuvres et les différents compositeurs ?
Le programme fait une belle part au 18ème siècle mais nous aimons bien aller aux sources du baroque, je veux parler du 17ème italien. Nous proposons au public un voyage à travers l’Europe baroque avec des œuvres connues et d’autres moins dans lesquelles chaque musicien partage le meilleur de lui-même avec le public. Chaque concert est une rencontre, entre les musiciens, le public et ceux qui les font venir, pour le plaisir de ceux qui la font comme de ceux qui l’écoutent.

Tous nos programmes ressuscitent  les caractères de la musique baroque, les Affetti  comme disent les Italiens, les passions  comme disent les Français. Mais sommes-nous si loin de nos ancêtres lorsqu’il s’agit d’émotion ?

Comme chaque été, musiciens, instruments, accessoires vous embarquez pour une tournée de plus de 20 concerts dans des lieux différents… Vous renouez un peu avec l’esprit d’itinérance et de troupe… Qu’est-ce qui vous motive dans cette entreprise ?
Une entreprise, dis-tu? Oui, c’est toute une organisation, programmes, contacts avec les organisateurs, voyages des musiciens, impression et expédition des affiches, rédaction des communiqués de presse, transport du clavecin, éclairages… Mais nous ne déployons pas les tréteaux comme nos amis comédiens.
C’est chaque jour une nouvelle aventure sur les routes de France, en une belle diagonale de Libourne à Arles en passant par le Périgord, le Velay, l’Ardèche, le Lubéron…  Au bout de chemins oubliés que les promeneurs curieux (re)découvrent, nous installons pupitres et clavecin dans des sites exceptionnels à l’acoustique remarquable. Et tant pis si les églises de village n’offrent pas toujours le confort d’une salle de concert, le charme discret de ces lieux à l’abri des regards réservent toujours des rencontres inattendues entre auditeurs et musiciens. C’est chaque fois un grand bonheur de faire revivre le patrimoine musical de l’époque baroque dans des lieux qui évoquent celui de terroirs séculaires.

Tous nos programmes ressuscitent  les caractères de la musique baroque, les Affetti  comme disent les Italiens, les passions  comme disent les Français. Mais sommes-nous si loin de nos ancêtres lorsqu’il s’agit d’émotion ?

 En juillet, les Ateliers de Musique Ancienne que tu organises au Tréport avaient pour thème : « Nourritures ». Cela met l’eau à la bouche ! Tu nous donnes quelques recettes du programme sur lequel cela a débouché ?
Débouché, oui c’est le mot!… à côté des nourritures spirituelles, nous avons aussi quelques bouteilles de bon vin avec quelques chansons à boire du 17ème, Banchetto Musicale, Tafelmusik et autres musiques qui évoquent le boire et le manger à l’époque baroque.
Après «Vivant…», «Voyages…», «Histoires…», nous avions  en effet choisi «Nourritures…». Cette dernière édition 2013 des Ateliers a été l’occasion d’explorer un thème si souvent parcouru par les compositeurs des 17eme et 18ème siècles… et pas seulement. En sous-titre, nous avions inscrit le célèbre vers du
prologue de la Nuit des Rois (Shakespeare 1602) «If music be a food for love, play on» et repris près d’un siècle plus tard, par Purcell dans une ode rendue célèbre par Alfred Deller
En marge des concerts, a encore fonctionné un stage, les musiciens de l’Orfeo di Cracovia se transformant en enseignants et accueillant une vingtaine de stagiaires de générations, d’horizons et de niveaux très différents. Nos Ateliers sont à chaque fois une aventure musicale et humaine formidable qui scelle au rythme des concerts une véritable complicité entre les musiciens, professionnels et amateurs, sans oublier les nombreux mélomanes, habitués ou touristes de passage qui ont été plus nombreux cette année (environ 500 auditeurs).

Des musiciens qui viennent enseigner et non pas de professeurs qui viennent donner des concerts, c’est l’originalité de notre projet qui inspire les programmes que nous donnons autours de l’été comme ces deux concerts en Arles et Avignon. Merci encore, Philippe, de nous accueillir fidèlement. 

Le clavecin du concert
Copie d’après un original de Vincent Tibaud (Toulouse 1691) conservé au Musée Instrumental de Paris par Jean Pierre Menuge 2004
Tibaud est l’un de ces facteurs français de la fin du XVIIème siècle dont la gloire sera longtemps éclipsée par celle de ses cadets, les Denis,Taskin, Blanchet et autres figures de la facture française du XVIIIème siècle. Parmi les rares instruments du XVIIème siècle qui nous soient parvenus, ceux de Vincent Tibaud (1647-1691) retiennent l’attention.
Trois instruments subsistent, l’un conservé au Musée instrumental de Bruxelles (1679), le deuxième dans une collection particulière à Paris (1681) et le troisième au Musée Instrumental de Paris (1691). C’est ce dernier qui a inspiré cette copie extrêmement fidèle aux mesures de l’original, particulièrement dans le façonnage et l’assemblage de la table d’harmonie.
Vincent Tibaud devant mourir quelque temps après
avoir terminé cet instrument, cet original du Musée Instrumental de Paris prend une valeur en quelque sorte testamentaire. Il faut noter dans la construction de la caisse les mélanges des influences italiennes (fond épais, éclisses rapportées, équerres de montage….) et flamandes (courbe peu prononcée, traverses renforçant la contreéclisse….). Nous sommes à Toulouse, sans doute au confluent des influences méridionales et septentrionales Le barrage de la table d’harmonie est très particulier : une grande barre diagonale traverse le milieu de la table, perpendiculaire au boudin et aux deux chevalets. Cette structure produit un timbre original, sans doute le fruit d’une recherche très personnelle du
facteur.
On peut imaginer ce que les Louis Couperin, Chambonnière,
Clérambault ou d’Anglebert devaient entendre. Le grave est profond, l’aigu limpide. L’opposition des deux claviers offre de nombreuses combinaisons sonores et leur accouplement (une originalité, c’est le clavier inférieur qui coulisse sous le clavier supérieur) produit un son puissant et généreux.
Le traitement décoratif des instruments originaux de Tibaud est très particulier. Peu d’instruments connus sont en effet marquetés. Tibaud utilisait avec une grande virtuosité le noyer et les incrustations de sycomore.