Rêveries en musique

d’après les Rêveries du promeneur solitaire

de Jean-Jacques Rousseau

Arles, Saint Honorat des Alyscamps

samedi 11 mai, 19 heures, entrée libre

04 90 96 38 57 Rousseau
Jean-Jacques Rousseau par Maurice Quentin Latour

Une coréalisation Marseille Provence 2013 – Capitale européenne de la culture / Association Architecture et Spiritualité

Lecture par Claude Dandréa et Pierre Goudail

&
Musique par un groupe de musiciens de l’Association Sarabande

Programme musical

 Johann Caspar Ferdinand Fischer, Joseph Bodin de Boismortier, William Williams et Jean-Marie Leclair

Mariel Trullard-Soleihac, violon
Eunju Kim, clavecin
Nadine Verdron, viole de gambe
Jocelyn Raulet hautbois, flûte à bec
Michel Lafont, viole de gambe
Philippe Souchu, flûte à bec

Entretien avec Philippe Souchu

 Comment est né ce projet de lecture musicale ?
L’Association Sarabande a rejoint très tôt l’Association Architecture et Spiritualité pour réfléchir ensemble à des propositions culturelles lors de Marseille Provence 2013.
Nous souhaitions certes mettre en valeur le riche patrimoine bâti d’Arles… mais pensions aussi qu’avant l’architecture qui, selon Goethe est la musique glacée, il y eut, pour nous autres humains, pendant bien longtemps l’errance et le nomadisme. C’est pourquoi, un peu paradoxalement, peut-être, nous avons souhaité célébrer aussi les marcheurs, ceux qui sortent de chez eux, qui quittent leur maison, qui prennent les chemins, quand il y en a… et qui dorment à la Grande Ourse !

Pourquoi ce choix de J. J. Rousseau ?
Rousseau nous a semblé être le marcheur, l’arpenteur du 18e siècle… Tout l’intéresse : philosophie, botanique, politique, histoire, musique, littérature.
C’est aussi un marcheur infatigable : tout jeune, il quitte la maison paternelle à pied, pour vagabonder. C’est à pied qu’il rejoindra Chambéry. A pied encore Lyon, puis Paris. Sa vie intellectuelle d’autodidacte  commence par la marche à pied et se fermera… sur de longues promenades botaniques, celles du Promeneur solitaire. Les Rêveries, dont nous proposons la lecture, sont en effet écrites au cours des deux dernières années de sa vie.

Et puis Jean-Jacques, me semble-t-il, n’est pas un maître. C’est notre frère. André Breton a dit des Rêveries que c’était la première branche de la poésie enfin jetée à hauteur d’homme… Ouvrons les rêveries… La première phrase : « Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain d’ami, de société que moi-même ». Dans ce siècle si mondain, qu’est le 18e, voici soudain l’irruption de l’homme seul, isolé. Dans cette solitude, Rousseau est absolument moderne ; il est notre contemporain, même s’il est né il y a 300 ans, maintenant. Seul, mais hanté par les autres… Solitude finale, douloureuse, inapaisée de l’auteur du Contrat social.

… et les Rêveries ?
Comme je te l’ai dit, nous avons retenu les rêveries pour ce thème de la promenade, de la marche, mais aussi sans doute plus profondément, parce que nous sommes admis là dans l’intimité d’un homme qui laisse, par moment, toute sa place à la langue dans une écriture soudain libre, sensible, nuancée qu’on n’avait peut-être pas pratiquée de la sorte avant lui.

Comment avez-vous composé le programme musical ?
Nous avons tâché de nous mettre un peu au diapason des textes qui nous ont été proposés, tout en nous soumettant aux contraintes de notre ensemble… et puis, ensuite, nous nous sommes laissés guidés, en amateurs que nous sommes, par le plaisir de ce que nous jouions… Nous avons abandonné des pièces, et nous en avons cherché d’autres.
Une confidence qu’il ne faut pas ébruiter : nous avions mis au programme l’ouverture du Devin de village de Jean-Jacques Rousseau, mais nous l’avons abandonnée… parce que la jouer nous ennuyait un peu ! Nous l’avons remplacée par l’ouverture d’une suite pour orchestre d’un allemand passionné de musique française, J. C. F. Fischer, dont le recueil porte le titre prometteur de « Journal du Printemps ».

Sur Rousseau et la musique, voir aussi la page de notre blog consacré au Dictionnaire de la Musique de Jean-Jacques Rousseau

Le programme musical

J. K. F. Fischer, Le Journal du Printemps, Suite pour orchestre  n° 1, Ouverture

J. B de Boismortier : 1er mouvement (Doucement) de la 5ème sonate à deux violes op. 10

W. Williams, Sonata in Imitation of Birds, pour deux flûtes et basse continue, mvts 1, 2 et 3

J. M. Leclair : 1er mouvement (Adagio) de la 1ère sonate du « 1er livre de sonates à violon seul avec la basse continue composées par Mr Leclair l’ainé dédiées à Mr Bonnier trésorier général des états du Languedoc »

G. P. Telemann, Quatuor n° 2, pour hautbois, flûte, violon et basse continue, mouvements 1 (Largo), 2 (Allegro)… Et retour au Largo initial

J. M. Leclair : 2e mouvement (Sarabande) de la huitème sonate  (op. 2)

J. K. F. Fischer, Le Journal du Printemps, Suite pour orchestre  n° 1, Chaconne