5es Journées de claviers anciens et de musique d’ensemble

Concert de musique anglaise

Purcell, Gibbons, Tomkins, Byrd, Hume, Simpson…

  Elizabeth 1

Lisa Magrini, soprano

Natalia Cherachova, orgue et clavecin

Eric Grellety, viole de gambe

   Temple d’Arles, le  jeudi 1 novembre 2012 à 20h30

 12 et 8 euros,  gratuit pour les moins de 16 ans. Réservations : 06 16 49 13 57 ou

philippe.souchu@aliceadsl.fr

  Les musiciensLe programme – Entretien avec Eric Grellety  – L’autre concert des journées de claviers

 

Le concert des professeurs du stage de musique d’ensemble qui se déroule en ce moment même à Arles.

Avant d’être des professeurs, les amis qui encadrent le stage sont des musiciens et des artistes. Il partagent avec les amateurs une passion commune de la musique. Cette passion se communique également par le souci de transmettre savoirs, pratiques, techniques, réflexions, par une échange continu qu’autorisent ces Journées de musique d’ensemble.

Un grand merci à Jean Bascou, facteur de clavecins à Simiane-la-Rotonde qui nous prête l’instrument du concert et à l’Ecole de muisque ACCM qui nous fournit son bel orgue positif.

Les musiciens

Lisa Magrini, sopano

LisaLisa a eu très tôt l’expérience de la scène puisqu’elle rejoint dès l’âge de treize ans l’ensemble Tard Quand Dîne qui couvre un répertoire allant de la musique médiévale aux musiques traditionnelles.

Voulant approcher le répertoire classique, elle suit des cours auprès du ténor Carlos Belbey, puis intègre la classe de Laure Florentin au Conservatoire d’Aix en Provence.

La véritable passion qu’elle voue à la musique ancienne l’amène à travailler avec Monique Zanetti et Vincent Recolin sur une base régulière. En outre, elle a eu l’occasion de travailler avec des personnalités telles que Louise-Marie Archambault, Michel Piquemal, Fernande Chiochio, Lise Arseguet, Gérard Lesne, Gerd Türk, Dominique Vellard, Christophe Rousset…

Tout en poursuivant sa formation au Conservatoire et à l’Université en musicologie, elle intègre différents ensembles qui lui permettent de toucher à un répertoire allant de la musique renaissance à la musique contemporaine, dans des formations à effectifs variables.

En septembre 2008, elle commence un master de musique médiévale et Renaissance à la Schola Cantorum de Bâle, sous la direction de Dominique Vellard.

 Natalia Cherachova, orgue positif et clavecin

  NataliaNatalia est diplômée du Conservatoire Supérieur Tchaïkovski de Moscou puis s’est spécialisée dans le jeu des claviers anciens. Elle s’est perfectionnée en France auprès des clavecinistes Elisabeth Joyé et Pierre Hantaï et du pianofortiste Alexeï Lubimov.

Elle est actuellement professeur au Conservatoire d’Aix-en-Provence et au Conservatoire d’Arles.

Concertiste, elle donne des récitals de pianoforte et de clavecin, joue en duo avec la chanteuse Monique Zanetti, dirige l’ensemble baroque Anna Magdalena et le quatuor Les Calissonnes et collabore aux activités de diverses formations professionnelles spécialisées dans le répertoire baroque parmi lesquelles Canti Amorosi, La Compagnie du Globe, Les Offrandes Musicales, le Solinger Streichquartett et Le Concert de l’Hostel-Dieu.

Eric Grellety, Viole de gambe

Image 14 Après un premier prix de guitare classique au CNR de Marseille, Eric fait l’apprentissage de la viole de gambe auprès de Sylvie Moquet au Conservatoire d’Aix-en-Provence où il obtient le Diplôme d’Etudes Musicales (premiers prix de viole de gambe, de musique de chambre et de formation musicale). Il se perfectionne ensuite auprès de Roberto Gini au Conservatoire Supérieur de Genève (Diplôme de Concert) et au Conservatoire de Parme (Laurea Magistrale).

A l’occasion de stages et de classes de Maître il travaille également avec Emmanuel Balssa, Marianne Muller, Jérôme Hantaï, Anne-Marie Lasla et Wieland Kuijken.

Concertiste, il collabore aux activités de diverses formations professionnelles dans les domaines des musiques médiévales, Renaissance et baroques et a joué sous la direction de Roberto Gini, Francis Biggi, William Dongois, Gabriel Garrido, Gérard Lesne et au sein de la Compagnie Sandrine Anglade. Il a également enregistré pour les labels « L’empreinte digitale » et « K617 » (dont un « Choc du Monde de la Musique » pour « La fabula di Orpheo » d’Angelo Poliziano, ensemble La Compagnia dell’ Orpheo).


Entretien avec Eric Grellety ou : « TGV, avant-garde et, Angloise contenance… »

Sarabande

Eric peux-tu nous dire comment vous est venu le désir de ce programme ?

Eric Grellety

Tu connais TGV-Magazine ?

Sarabande

… ?

Eric Grellety

Ah… Baudelaire parle de l’expérience qu’ont sans doute faite tous les musiciens quand il dit « La musique souvent me prend comme une mer »… mais, de nos jours, de façon plus terre-à-terre, la musique nous fait souvent prendre le train pour rejoindre nos lieux de répétitions ou de concerts… C’est ainsi qu’à l’occasion d’un récent déplacement et parcourant TGV-Magazine, justement, je tombe sur cette interrogation méditative : « Est-ce parce qu’ils sont différents que les anglais et les français ne parlent pas la même langue, ou est-ce leurs langues propres qui les rendent différents les uns des autres ? » Intéressant, non ?

Sarabande

Un élément de réponse ?

Eric Grellety

L’article ne donnait pas de réponse… mais, rêvant à ce sujet, je me demandais alors quel était notre ressenti de musiciens baroques français par rapport à la musique anglaise.

Nous avons l’habitude d’explorer plusieurs siècles de répertoire européen et, malgré l’universalité supposée de la musique en tant que langage, chaque nation témoigne d’un caractère musical qui lui est propre et immédiatement identifiable. Et puisque ce caractère est lié à la culture de son peuple, à son histoire et à sa langue, ses natifs sont sans doute les plus à même de le comprendre et se l’approprier… et pour nous, Français, la musique de l’Angleterre de la première moitié du XVIIème siècle a, je trouve, une saveur étrange et exotique. Elle nous touche par sa fraîcheur, ses accents et ses rythmes issus de traditions celtiques, sa sophistication, son humour…  mais aussi son « avant-gardisme » !

Sarabande

Qu’entends-tu par avant-gardisme de la musique anglaise ?

Eric Grellety

L’avant-gardisme a une vieille histoire… et pour ce qui concerne la musique anglaise, son avant-gardisme n’est pas nouveau. Deux siècles plus tôt, les musiciens français stupéfaits de la hardiesse et de l’inventivité de leurs homologues anglais qualifiaient de « Contenance Angloise » ces sonorités inouïes qui allaient bientôt donner le « la », ou plutôt le « Alamire » comme on disait alors, au reste du Monde…

L’Angleterre est une île mais sa musique un océan ! Nous avons eu envie de jeter nos filets entre deux eaux, celle de la fin de la Renaissance et celle du début de l’ère baroque et de ramener dans l’air libre arlésien ses créatures fantastiques et ses perles : Purcell, Gibbons, Tomkins, Byrd, Hume, Simpson… 

Portsmouth
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