Jean Sébastien Bach

Sonates pour flûte et clavecin

faisan

Marine Sablonnière, flûte à bec  

Bertrand Cuiller, clavecin

 

Mercredi 20 juin, 20h30 Temple d’Arles (bld des Lices)

Tarifs : 12 et 8 euros, gratuit pour les moins de 12 ans

2 euros pour les collégiens et lycéens d’Arles

Réservations : 06 16 49 13 57

Entretien avec Marine Sablonnière –  Les Musiciens Le Programme

 

Entretien avec Marine Sablonnière

Alors, Marine, de retour à Arles le 20 juin… !
Oui, c’est vraiment un plaisir de jouer dans cette ville, et dans ce temple dont l’architecture et l’acoustique conviennent si bien à la musique que nous pratiquons. Après le récital pour flûte seule, après le concert consacré à Louis-Antoine Dornel que nous avons donné avec Julien Martin, Victor Aragon et Esteban Gallegos, j’aimerais encore partager beaucoup d’autres moments musicaux avec les arlésiens.
Le programme que nous proposons pour ce concert me tient à cœur, tant par l’immense génie de Bach à qui nous devons tant de chefs d’oeuvre, que par le plaisir de pouvoir jouer et partager ce moment de musique avec Bertrand, claveciniste que j’estime beaucoup pour son intégrité et, bien sûr, pour son jeu magnifique.

Un programme consacré à Jean-Sébastien Bach donc…
Oui… Bach, le clavecin et la flûte à bec !… Bach connaissait bien la flûte à bec et l’aimait. On le sent, et on le sait, dans les parties émouvantes et poignantes qu’il a écrites pour cet instrument : je pense au récit de la Passion selon Saint Matthieu ou bien à l’Actus Tragicus, ou, dans un autre registre, au 4e Concerto Brandebourgeois. Malheureusement peu d’œuvres de lui ont été retrouvées pour la flûte à bec.
Quand on aime cet instrument et la musique de Bach, pourquoi nous priver de jouer ces magnifiques sonates qui fonctionnent si bien à la flûte de voix, flûte qui possède le même ambitus que le traverso et qui permet une autre approche, qui apporte un autre timbre et une couleur particulière ?

Vous vous sentez justifiés à jouer sur la flûte à bec une musique qui ne lui est pas originellement destinée…
C’était une pratique courante, à l’époque… Comme ses contemporains, Bach a fait de nombreuses transcriptions d’autres compositeurs mais il s’est aussi transcrit lui-même, d’une œuvre à l’autre. Alors, pour l’amour de la flûte à bec et pour le plaisir de jouer cette musique, nous nous sommes, nous aussi, lancés dans cet exercice.

Tu peux nous présenter le programme ?
La première sonate est une sonate pour orgue, que nous avons transcrites pour flûte et clavecin obligé. L’orgue et la flûte sont en effet extrêmement proches au niveau de l’émission du son, puisque l’orgue est, au fond, une grande collection de flûtes !

Nous essayerons donc de faire entendre la main droite de l’organiste avec la flûte. Sa main gauche et les pédales, seront elles, exécutées par le clavecin. Ce dialogue des dessus, par la différence de timbre des deux instruments, trouvera sans doute un relief particulier… C’est en tout cas ce que nous recherchons en transformant cette pièce en sonate pour flûte et clavecin obligé.

La sonate en si mineur est, elle, originellement écrite pour flûte et clavecin obligé, mais elle est destinée au traverso… « Obligé », cela signifie que clavecin a une partie intégralement écrite, contrairement, d’ailleurs, à la sonate en mi mineur qui, elle, est pour flûte et continuo… « Continuo » signifie que la basse du clavecin est chiffrée ; le claveciniste a la liberté de réaliser les accords de la main droite à vue, au fur et à mesure.

Vous pourrez également entendre pendant ce concert, les deux incontournables de nos instruments respectifs que sont la partita pour flûte seule et la fantaisie chromatique et fugue au clavecin, instrument roi chez Bach.

Programme

Sonate BWV 529 pour orgue (transcription en fa majeur)
Allegro-Largo-Allegro
Partita pour flûte en ut mineur BWV 1013
Allemande-Corrente-Sarabande-Bourée
Sonate si mineur BWV 1030
Andante-Largo e dolce-Presto
Fantaisie chromatique et fugue, BWV 903
Sonate en mi mineur BWV 1034
Adagio ma non tanto-Allegro-Andante-Allegr

Les musiciens 

Bertrand Cuiller, clavecin 

 Faire connaissance avec Bertrand Cuiller par le bel entretien qu’il a donné à Muse Baroque et par son site qui présente aussi sa discographie.

cuillerBertrand Cuiller a débuté à huit ans le clavecin avec sa mère Jocelyne Cuiller, et poursuivi ses études au CNSM de Paris dans la classe de Christophe Rousset, ainsi qu’avec Pierre Hantaï. Il a également appris les cors baroque et moderne auprès de Marcel Ollé, André Cazalet et Michel Garcin-Marrou.
Il remporte en 1998 le troisième prix du concours international de clavecin de Bruges.

Depuis 2006 et la sortie remarquée de son premier disque, Pescodd Time, Bertrand Cuiller est régulièrement invité à donner des récitals de clavecin. Après avoir sorti un second cd sous le label Alpha, Scarlatti-Soler, il enregistre désormais pour Mirare (Concerti pour clavecin de Bach avec Stradivaria et M.Tomkins his Lessons of Worthe).
En tant que chambriste, Bertrand Cuiller apparaît aux côtés de Bruno Cocset dans Les Basses réunies, avec l’ensemble La Rêveuse, et en duo avec les instrumentistes Sophie Gent, Marine Sablonnière, Jana Semeradova, Emmanuel Balssa.

Ouvert à d’autres formes d’art, en association avec la musique – théâtre, littérature, Bertrand Cuiller a créé avec la comédienne Louise Moaty la lanterne magique de M.Couperin – concert optique; Mille et une Nuits (avec l’ensemble La Rêveuse); ainsi qu’un spectacle combinant la musique de D’Anglebert et les Lettres Portugaises de Guilleragues. Ses collaborations théâtrales l’ont également amené à jouer aux côtés de Nicolas Vaude et Nicolas Marié dans « le Neveu de Rameau » de Diderot au Théâtre du Ranelagh, et cette saison, au sein de La Rêveuse, dans le Bourgeois Gentilhomme mis en scène par Catherine Hiegel.

En 2012-2013, Bertrand Cuiller dirigera « Les Musiciens du Paradis » dans l’opéra Venus and Adonis de John Blow, production du Théâtre de Caen, en tournée à Lille, Luxembourg, Grenoble, Paris, Nantes, Angers, dans une mise en scène de Louise Moaty.

Il s’intéresse aussi au répertoire actuel, et a créé des oeuvres de Jean-Yves Bosseur et Olivier Mellano. Il joue avec ce dernier dans « La Chair des Anges », un concert réunissant clavecins, quatuor à cordes et vocal, guitares électriques et orgue. Il a également joué avec Yann Tiersen.

Actualité et prochains concerts sur http://www.bertrandcuiller.com

Marine Sablonnière, flûte à bec

marine2Marine Sablonnière obtient son Diplôme DEM en 1998 avec P. Ginzburg, puis elle entre au CNSMD de Lyon dans la classe de P. Hamon. Elle obtient son DNESM en 2002 mention très bien avec félicitations, à l’unanimité. Elle étudie ensuite une année à Barcelone avec P.Memelsdorff. Elle effectue divers concerts: musique médiévale avec La dolçe sere, musique anglaise et italienne du 17ème siècle avec Sesquialtera (diplômé du CNSMD en musique de chambre en 2004), et Résonance qu’elle créé avec Victor Aragon en 2002. Elle joue sous la direction de Jordi Savall, Jos Van Himmersel, Jesper Christensen, Skip Sempé, Gérard Lesne, Roberto Gini, et Marc Minkowski. Elle a enregistré avec Cappriccio Stravagante sous la direction de Skip Sempé, ainsi qu’avec Il Seminario Musicale sous la direction de Gérard Lesne et Les lunaisiens sous la direction de Jean François Novelli et Arnaud Marzorati.
Titulaire des C.A. de flûtes à bec et de musique ancienne, elle enseigne au C.N.R. de Marseille.
Notre entretien avec Marine lors de son précédent concert en Arles.