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Victor Aragon

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Concert pour viole seule

  Temple d’Arles, le  samedi 13 novembre 2010 à 20h30

Le samedi 13 novembre, Victor Aragon vient à Arles pour nous proposer un récital pour viole seul. C’est l’occasion de découvrir un artiste ainsi que les formidables ressources de son instrument…

 

Quelques mots de Victor sur son programme

Le programme du concert

Le parcours de Victor Aragon

 

 

 

Quelques mots de Victor sur le concert pour viole seule

 

viole Le répertoire des musiques pour viole seule est très vaste, nombreuses sont les pièces avec des simples mélodies ou des pièces dites d’harmonie ou polyphoniques. Modeste polyphonie évidemment par rapport à un luth ou un instrument à clavier, mais polyphonie tout de même ! La richesse de ses timbres et de ses sonorités ont amené à honorer la viole de gambe comme l’instrument qui peut imiter le mieux la voix humaine :

« Je dis que l’objet de recherche et des inventions des premiers hommes a était d’imiter la nature,… d’imiter le naturel des choses. Sur ce principe je dis que les premiers hommes s’étant attaché à imiter la voix humaine par l’artifice de plusieurs instruments faits de différentes manières, cherchaient sans doute celui qui l’imiterait mieux, et comment on ne peut contester que jamais instrument n’en a approché de plus près que la viole, qui ne diffère seulement de la voix humaine qu’en ce qu’elle n’articule pas les paroles… »

«Hotman est celui qui a commencé en France à composer des Pièces d’Harmonie réglées sur la Viole, à faire de beaux Chants, et à imiter la Voix, en sorte qu’on l’admiroit souvent davantage dans l’exécution tendre d’une petite Chansonnette, que dans les Pièces les plus remplies et les plus sçavantes. La tendresse de son Jeu venoit de ces beaux coups d’Archet qu’il animoit, et qu’il adoucissoit avec tant d’adresse et si àpropos, qu’il charmoit tous ceux qui l’entendoient, et c’est ce qui a commencé à donner la perfection à la Viole, et à la faire estimer préférablement à tous les autres instruments». Jean Rousseau, Traité de la viole, Paris 1687

Il est probable que ce type de concert pour viole seule était courant à l’époque baroque, mais nous ne savons pas dans quelles circonstances précises ces concerts étaient tenus. 

 

Nous savons que Sainte Colombe donnait souvent des concerts dans sa maison, seul et avec ses filles. J’imagine que cela se passait dans l’intimité d’un salon, autour d’un feu ; ou bien pour d’autres violistes comme Hotman, Dubuisson ou Marais, cela devait avoir lieu dans les salons et chambres de la Cour également. Ce qui est certain c’est que, en Europe, pendant tout le XVIIème siècle, il y eut une longue tradition de répertoire pour viole seule et tout particulièrement en France et en Angleterre.

 

 En France, jusqu’à la publication du premier livre de pièces de viole de Marin Marais, tous les manuscrits retrouvés étaient pour viole seule. Nicolas Hotman qui a été le maître de Sainte Colombe et  de Demachy, entre autres, nous a laissé une cinquantaine des pièces sans accompagnement. Sainte Colombe, lui, nous a laissé plus d’une centaine de pièces, son fils également ainsi que Tobias Hume en Angleterre et bien d’autres.
Le premier recueil de pièces de viole réellement publié en France en 1685 est celui de Demachy, il contient huit suites pour viole sans accompagnement dont quatre sont écrites en tablature. On voit donc bien que le répertoire solo pour  viole de gambe était très large. Il atteste de  la place prédominante de la viole comme instrument soliste, place due sûrement, à la qualité et à l’esprit d’innovation des tous ses musiciens.

 C’est à partir de la fin du XVII siècle que la viole tient un rôle d’instrument soliste accompagné d’une basse continue.

 Le programme

 


 

Le parcours de Victor

 

aragonNé au Chili en 1971,  Victor Aragón commence ses études musicales à l’âge de sept ans, d’abord en  guitare et percussions latino-américaines puis en violoncelle au sein de l’Orchestre des jeunes au Venezuela.
Parallèlement à son activité musicale et durant dix ans,  il travaille dans le cinéma et le théâtre où il réalise des scénographies et des bandes son.
Il découvre la viole de gambe dans un film, et grâce aux informations trouvées dans un dictionnaire de musique et des quelques iconographies d’époque, il fabrique alors son instrument, archet et cordes, et étudie en autodidacte.
Trois ans plus tard, il poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon où il obtient son prix en 2004 avec mention très bien à l’unanimité.
Il participe à différents stages et Master Classes ou il profite de l’enseignement de Anner Bylsma, Roberto Gini, Wieland Kuijken et Jordi Savall.
Il réalise des récitals autour des musiques pour viole seule du XVIIe et XVIIIe siècles et joue  au sein d’ensembles tels que :  Elyma, Correspondances, Syntagma, Arsys de Bourgogne, Baroque Grafitti, Les Baricades Misterieuses,  L’hostel Dieu, Résonance entre autres, et a joué sous la direction de Pierre Cao, Philippe PIcket,  Roberto Gini, Jordi Savall, Jean Pierre Canihac, Yvon Repérant, Dominique Vellard…
Il enseigne la viole de gambe au Conservatoire de Bourgoin-Jailleu et à l’Ecole Beaux-Arts Musiques de Montpellier.

 


 

 

Le programme du concert

 

Jean de Sainte-Colombe (1640-1700)
 1. Prélude

Nicolas Hotman (1610-1663)
2. Ballet

Tobias Hume ( 1569 – 1645)
3. A Pavin
4. The Duke of Holftone Almaine
5. Loves Farewell
6. A Souldiers Galiard

 Mr. Demachy (1685)
7.Prélude 8.Courante 9.Sarabande 10. Gigue

Marin Marais (1656-1728)
11.Le Badinage
12. Les voix Humaines

Carl Friedrich Abel (1723-1787)
13.Prélude 14.Adagio 15.Allegro