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A l’occasion du centième anniversaire de sa parution, Skip Sempé a mis en ligne sur le site de Capriccio Stravagante, le livre de Wanda Landowska paru en 1909 : Musique ancienne.

On y découvre le formidable appétit de réflexion et de connaissance qui inaugure le renouveau de la musique ancienne, effort qui commence par une critique joyeuse et nette de la notion de progrès dans les arts. Wanda Landwoska cite à ce propos la belle réflexion de Victor Hugo : « La beauté de l’art est de ne pas être susceptible de perfectionnement. L’art en tant qu’art et pris en lui-même, ne va ni en avant ni en arrière. Les transformations de la poésie ne sont que des ondulations du beau utiles au mouvement humain. »

Wanda Landowska déblaie ensuite ce qu’un siècle de progrès a déposé sur la musique ancienne pour nous empêcher d’en goûter la saveur : la sonorité, le pathétique et l’emphase, les tempi, l’orchestration, la prétendue tradition, le mépris des ornements :

« On enlève à la musique ancienne tout ce qui constituait son véritable caractère, on taille, on coupe, on transcrit, on mutile, on supprime le clavecin, les instruments à vent, on surcharge le quatuor et les chœurs, on déchire les plus belles pensées. On anéantit tout ce qui donne de la vie, du mouvement, au nom de la prétendue tradition, et on constate ensuite non sans satisfaction que ces choses ont peu de goût et ne valent pas nos production de progrès. »

L’attention portée par Wanda Landowska aux aspects nécessairement matériels de la musique : respects des œuvres et des partitions, des instruments, de l’exécution ne lui fait pas perdre de vue la nécessité de l’existence et du développement du sentiment artistique : « Les sons les plus délicats, qui frappent notre oreille bien à propos, ne sont que la millième partie de ceux que nous écoutons intérieurement… »

 

Pour lire l’ouvrage :
http://stravagante.com/fr/essays.html

ou à cette autre adresse :

http://www.archive.org/details/musiqueancienne00lewgoog